Après être resté sur une séquence finale des plus ambiguë, l'attente d'un opus répondant à toutes ces questions fut longue, très longue même. Et finalement, FFX-2 posa pied sur nos terres sous les regards d'une foule trahissant tantôt l‘inquiétude d‘une suite, évènement jusque là étranger à cette saga, tantôt un engouement sans vergogne pour une suite où l'on pourrait enfin se contenter d'une réponse claire, satisfaisante et féerique sur le retour présupposée de lui. Sa vision, saisissante pour les nombreux fans et puristes de son aîné, recèle à n'en pas douter un potentiel ravageur et se trouve au final bien plus construit que ne laissaient paraître les premières heures de cette seconde immersion dans l'univers de Spira !
Un background rénové mais pas tellement
Les ingrédients de ce premier volet édité par la firme revue au nom de Square Enix se détachent complètement de Final Fantasy X ainsi que des précédents FF en général. Ce sentiment se retrouve tant par le découlement de la trame scénaristique que par la découverte d'un tout nouveau gameplay, qui jouit d'une qualité certaine et sans précédent ! Ce nouvel épisode arbore donc de nouvelles couleurs, de nouvelles formes et se retrouve rapidement perçut comme un "ovni" de la saga ; Square Enix tranche définitivement les traditions ancestrales des FF et se taille ainsi un nouveau nom, sur une nouvelle route. Comme nous le montre la cinématique d'introduction en repoussant la Playstation 2 dans ses derniers retranchements, l'invoqueur aux intentions nobles, au caractère naïf et réservé laisse place à une Yuna désinvolte, lâchant définitivement ses traits explosifs à travers deux flingues et une tenue des plus aérée messieurs ! Plus étonnant encore, là où l'héroïne de Final Fantasy X se voyait affublée d'une personnalité niaise et simplette, ce remix de Lara Croft bénéficie d'une attitude bien plus prononcée que deux ans auparavant, en alliant sa gentillesse et sa générosité d'antan à une femme décidée et forte. Ce brusque changement se voit, comme à l'accoutumé, doté d'une réponse qui se devra d'être découverte en parcourant les bribes d'un scénario bâclé et un tantinet lâche pour les inconditionnels du genre. Aussi, c'est sans surprise que l'on retrouve une Rikku plus sexy que jamais, pleine d'entrain dans un esprit toujours aussi énergique, prompt à passer à l'action sans plus attendre. Sa vision du monde ne semble pas avoir changé et sa manière d'aborder les situations les plus difficile restent dans la trempe de la jeune surexcité qu'elle était autrefois. Le troisième personnage principal qui complète le trio se nomme Paine et son aspect, tant physiquement par ses vêtements, que moralement dans son attitude, rejoint celui de Lulu. Calme et posée elle jouera le rôle de la tête pensante au sein de l'équipe. Son passé, plus ou moins décortiqué dans une quête annexe, révèle des interrogations qui ne justifie en rien son comportement et ce n'est pas pour lui faire défaut, Paine est ainsi, un point c'est tout ! Notons également la présence de Frangin, toujours pilote de vaisseau en tant qu'Al Bhed qui là non plus, ne jouera pas un rôle primordial mais se contentera de porter secours au groupe YuRiPa (Yuna, Rikku et Paine) dans les prémices de l'histoire. La mise en place de ce nouveau background ne manquera pas de dépaysé les adeptes de FFX tout en surprenant le néophyte, fraîchement débarqué dans le domaine des jeux de rôle sur console. Fort heureusement, les différentes régions de Spira ont conservées leur charme et seront accessible très rapidement dans le jeu. C'est ainsi que l'on retrouve avec joie le paisible village de Besaid, Porto Killika qui profita de ces deux ans pour se reconstruire une image digne de ce nom ou encore Zanarkand, célèbre ville machine détruite 1000 auparavant par Sin, qui conserve encore toute sa mystique. Si les premières impressions tendent à un opus qui change de tout au tout vis-à-vis de son aîné, on retrouve vite des éléments qui nous sont plus familier, tels que les anciens personnages (Wakka, Lulu, Kimarhi…), ces lieux attachants cité plus haut accompagné de protagonistes principaux différents sur la forme, mais plus ou moins semblable sur le fond.

Le concept longuement exploité dans les premiers volets développé respectivement sur la NES et la SNES revoit la lumière du jour dans FFX-2, à savoir, celui des Job. On se passera fort heureusement du classique compromis mage, archer, guerrier pour exploiter un concept novateur où l'on retrouve entre autre des habillages de Chanteuse, Bersek ou encore de Chevalier Noir. L'éventail de technique utilisable est tout simplement faramineux, d'autant plus qu'il vous est possible de changer de job à tout moment par le biais des différentes vétisphères parsemées sur Spira. Cette action est également rendue possible durant les affrontements, ce qui donne lieu à des cinématiques assez sympa et définit une ampleur bien plus tactique aux combats. Acquérir toutes les vétisphères et compléter leur palette respective requiert un certain temps, nous obligeant par la même occasion à revoir FFX-2 grâce au mode New Game+. L'ATB (Active Time Battle) participera bien évidemment à l'ambiance tactique que renferme une grande majorité des affrontements, servit d'une interface graphique irréprochable, elle sera une fois de plus le facteur principal de l'issu des combats les plus ardus. Le réel changement dans cette dernière s'opère dans l'enchaînement des tours d'actions de vos personnages. En effet, là où FFX faisant attendre bien sagement vos combattants avant qu'ils ne puissent user de leur technique de combat, FFX-2 leur permet d'agir à quelques secondes d'intervalles, donnant lieu à des "semi combo" plutôt sympathique ! Pour vous donner une idée plus précise, il est fort possible que Paine attaque votre adversaire et que, avant qu'elle ne regagne sa position initiale, Rikku enclenche les hostilités (tout ceci reste bien évidemment sous votre contrôle). D'autant plus que la position de vos personnages durant les combats sera plus flexible : vous aurez par exemple la chance d'encercler vos ennemis, bien qu'il ne vous sera pas permis d'influencer ce facteur. Vraisemblablement décidé à mettre en avant le côté dynamique de son premier poulain, Square Enix ne se contente pas de proposer une exploration simpliste mais nous donne de nouvelles possibilités d'action. Ainsi, Yuna aura la capacité d'escaler les murs, sauter par-dessus les trous et ce, seulement si le besoin s‘en ressent (précisons qu‘en cas d‘échec, vous ne serez pas contraint à un Game Over). Le tout se veut donc plus interactif et plus attrayant, réduisant d'un cran la monotonie des phases d'exploration, que ce soit dans les donjons ou dans les villes.
Une multitude de mini jeux
Tous les inconditionnels d'FFX se souviendront du Blitzball, ce mini jeu mettant en scène plusieurs équipes issues de certaines régions de Spira, à l'intérieure d'un terrain entièrement remplit d‘eau. Eh bien il semblerait que cette formule ait été réutilisée tout en subissant une modification de taille, l'ambiance et l'interactivité qu'on lui admettait à juste titre dans FFX se voient complètement rénovées au profit d‘un jeu de gestion pas très convainquant. Notez qu'il vous sera possible de débloquer de nouvelles équipes (en remplissant diverses conditions au préalable), comme les Besaid Auroch ou encore les Zanarkand Abes. L'idée consiste donc à recruter les joueurs les plus habiles (les Al Bhed en somme) grâce à son niveau de recrutement, les échanger avec d'autres équipes tout en restant complètement passif durant les matchs. En parfaite harmonie avec un univers qui prend de nouvelles couleurs suite à la disparition de Sin, un nouveau jeu phare a fait son apparition : le Sphère Break. Issu à l'origine de Rin (le marchand Al Bhed), il se joue dans la ville de Luca et attira bien plus l'attention du joueur (néophyte ou non). Cette interactivité tourne essentiellement autour de la chance (nécessitant des jetons spécifiques) et les règles qui la compose ne seront pas détaillées dans cet article. Retenez seulement qu'entraînement et patience seront de mises afin de vous défaire des joueurs les plus expérimentés. Aussi, ce mini jeu vous permettra d'acquérir une nouvelle vétisphère, nommée "Flambeuse" (et dont l'utilité n'est pas négligeable). Et où sont donc passées ces petites boules de poils jaunes, traditions communes aux Final Fantasy ? Les capturer vous demandera tout d'abord de les amadouer en combat (aléatoire), ce qui déjà se révèle être une tâche ardue. Certes, nombre d'entre eux se contenteront d'apparaître et de s'enfuir, mais d'autres, plus arrogants et moins sympathiques, iront jusqu'à s'attaquer à vos combattants (et croyez-moi, il est conseillé de ne pas sous-estimé leur puissance d'attaque en fin de jeu…) Par la suite, vous devrez les envoyer dans l'écurie (à l'intérieure du Centre d'entraînement de Mi'ihen) au terme d'une énième quête annexe visant à purifier ce lieu et permettre ainsi à Clasko d'exercer dans la filière qui lui plaie le plus. Vous aurez dès lors tout le loisir de les élever (référez-vous à Clasko pour cela) et d'en récupérer de nouveau (dont l'emblématique Chocobo d'or).
L'idée d'un jeu d'action avec une Yuna explosive au commande vous séduit ? Eh bien sachez qu'elle aura l'occasion de mettre en avant ses talents de tireuse à Besaid. Le but consiste à parcourir une zone dans un temps donné en élimant à coup de pistolet les groupes de monstres qui se dressent sur votre chemin, en surveillant votre stock de munition qui se réduira assez rapidement. Fort heureusement, il vous sera possible de ramasser différentes balles, dont l'efficacité diffère entre elles. En effet, l'une vous permettra par exemple d'éliminer vos ennemis en un seul tir tandis que l'autre nécessitera de nombreux jets. La difficulté augmentera selon vos prouesses et attendez vous à y rester de nombreuses heures. Le côté action, dont le rendu ne souffre d'aucun défaut est pleinement jouissif, bien que l'on regrettera qu'il se mettre en avant dans une zone trop étroite. Cela dit, pour un jeu censé se caser dans la catégorie des RPG, FFX-2 extrapole sans démordre.
Une quête aux nombreuses facettes
La structure linéaire et répétitive retrouvée dans FFX fait place à une liberté totalement déroutante aux premiers abords, aux débouchés divers, varié et aux multiples embranchements. Ainsi, ceux qui se voyaient terminé l'opus d'une traite en ayant survolé la majorité des chemins accessible seront surpris : les possibilités sont énorme et chacun de vos choix déterminent une évolution scénaristique différente, ainsi qu'une cinématique finale variante. Pour assimiler complètement le scénario, il sera primordial de recommencer le jeu via le mode New Game+ (en conservant vos objets, vos vétisphères et les compétences acquises mais au niveau le plus bas) en modifiant certains de vos choix décisifs. Le scénario, parlons-en. S'attendre d'emblé à voir les secrets de Spira dévoilé au grand jour sous nos yeux serait une illusion bien trop utopique. C'est donc sans grande surprise que l'histoire met en scène un décors sans grande envergure : une relation qui lie deux mystérieux personnages du passé, ayant vraisemblablement un lien avec Yuna et Tidus. Les plus perspicaces d'entre vous auront tôt fait d'établir le lien entre ce dernier et son portrait craché répondant au nom de Shuyin, tout en ayant saisit sa véritable nature grâce au premier épisode. Au terme d'une dizaine d'heures de jeu, les premiers coulisses de l'ancienne Spira font leur apparition, avec notamment la révélation d'une arme cachée, aboutie autrefois dans l'optique de mettre fin au règne de terreur de Sin. La trame scénaristique découle durant une trentaine d'heures tout au plus, une moralité difficile à cerner et se concentre principalement sur les vestiges du passé. En effet, ce n'est pas un hasard si l'essence de ce dernier occupe une place récurrente dans cet univers, d'abord par l'envie de Yuna de revoir Tidus à nouveau, puis par la manifestation des défunts de l'ancienne Zanarkand. En réalité, on peut supposer que l'idée principal du soft consiste à répondre à ceux qui vivent dans le passé et se réfèrent à leur souvenir d'antan pour avancé dans leur avenir. Sans en venir à la pure et simple polémique basée sur des hypothèses non vérifiées, on peut également prétendre que le scénario se donne 30h pour faire comprendre d'une manière ou d'une autre à son actrice principale que son désir, issue d'un passé révolu, n'a guère de raison d'être. Cette thèse est également appuyée par les pensées qui nous seront données durant la cinématique final ainsi que pendant une discussion particulière dans l'au-delà. Ceci nous amène donc à un dernier point et non des moindres : la fin. Ou plutôt les fins. En effet, selon les quêtes que vous aurez accomplit et les choix que aurez fait, la fin que vous donnerez à ce qui devient votre histoire prendra différentes tournures. Ceux qui souhaitent ardemment revoir la silhouette de Tidus se devront de terminé le jeu à 100% et accomplir ainsi toutes les quêtes disponible, vous demandant de nombreuses heures. Quant aux autres, moins engagé dans l'univers d'FFX et plus enclin à tourner une page sur le passé, se contenteront de la fin "normale" où l'ennemi sera terrassé de nouveau, laissant place à une nouvelle ère de paix. Enfin, en cas d'échec (en d'autre terme, si vous échouez lors du combat final), vous assisterez à la destruction totale de Spira, suivit du fatidique Game Over.

Comme démontré à travers cet article, FFX-2 est loin de correspondre aux critiques le qualifiant plus comme une mascotte commerciale qu'un FF à proprement parler. Bien que le scénario manque incontestablement de mordant, sa construction est solide, ses bases le sont tout autant et la moralité à en retirer dépendra principalement de votre personnalité. On regrette cependant que cette nouvelle expédition au sein de Spira voit des quêtes annexes fastidieuses prendre le pas sur l'histoire elle-même. Au final, cet opus se démarque complètement de ses aînés et marque l'entrée un scène d'une nouvelle recette de fabrication. Le rendu aura tendance à choquer le joueur, rebuter certains d'entre eux, mais présentent des qualités indéniable qui, espéreront-le, seront exploité davantage dans les prochains volets. |