Final Fantasy 8

Final Fantasy VIII

Le voyage de votre vie. Le destin est totalement absent de cette histoire : il n'y a que vous qui puissiez décider du sort des personnages !

 

Couverture PlayStation Europe Front
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Commander

Plate-forme : PlayStation
Développeur : Squaresoft
Editeur : Square Co., Ltd
Format : CD-Rom
Nombre de CDs : 4
Site web officiel : Aller sur le site
Date de sortie :Europe 27 octobre 1999
                       US9 Septembre 1999
                       Japon11 Février 1999
Remake : PCVoir les autres versions

Le Saint-Graal. Il serait blasphématoire de le voir être vendu en occasion en magasin sans l'acheter, à moins d'avoir déjà un exemplaire bien sûr, ce qui fait de son possesseur un être comblé !...

HistoirePersonnagesG-ForcesAstucesSolutionSous-QuêtesSeedImagesGifs AnimésTriple TriadWorld Maps

Annexes liées : Arworks - Décors/Maps - FanFictions - Les Mythes - Musiques - Origine des Noms - Thèmes de Bureau - Vidéos - Wallpapers

INTRODUCTION FINAL FANTASY VIII

Le bâtiment se dressait autour d'un champ de fleurs, ses couleurs ravivées à la lumière du soleil. La verdure s'installait même autour des poteaux, et les enveloppait jusqu'au sommet. De l'autre côté, la vue donnait sur une plage, où l'océan d'un bleu fluide poussait ses vagues légères jusqu'au banc de sable. La brise était vivifiante. Les quatre saisons y étaient constamment douces. La vérité donne un paysage grisâtre, presque mort. Même le bruit de l'océan est amer. Les murs sont en ruines, ne protégeant plus les pièces intérieures, devenues elles-mêmes inhospitalières. La bâtisse ne peut faire office de refuge. L'endroit est condamné. Et le temps s'abattra sur lui. C'est le blanc pâle de la lune qui rendra visible le terrible sinistre que le bâtiment aura subi. Les murs prendront des formes agressives, et des couleurs au teint surnaturel. Le vent ne soufflera même plus, la mer sera figée, et seul le bruit mécanique des chaînes dominera. Le sol sera jonché de cadavres, à l'image de l'endroit lui-même, devenu cadavérique. L'errance n'aura même plus sa place, car la mort deviendra l'unique alternative.

Hors du commun

Final Fantasy VIII, ce n'est pas un jeu, c'est une expérience. La part d'une vie qui ne s'oublie pas, un morceau de l'existence taillé dans le matériau le plus solide. Rarement le fait d'avoir joué et terminé un jeu vidéo ne procure une telle sensation de satisfaction, et de réel aboutissement dans une tâche qu'on s'accomplit personnellement. Quand l'écran The End apparaît, on résume ce qu'on a vécu pendant ses heures de jeu : une évolution au coeur d'un monde fascinant, auprès de personnages profonds et attachants, dans un contexte scénaristique complexe et passionnant, appuyé par une touche artistique et musicale originales et inimitables. Final Fantasy VIII est un chef-d'oeuvre vidéoludique, qui a résulté de l'union de talents incontestables. La série des FF confirme alors sa volonté d'émerveiller les joueurs en respectant les traditions depuis le premier épisode tout en misant sur l'innovation. Et FF8 répond pleinement à ces critères. Alors que la série est solide de ses bases, FF8 explore de nouveaux horizons et plus encore, se lance dans une révolution totale du gameplay. Et pourtant... l'esprit Final Fantasy est là, et au lieu de camper sur sa position, s'initie au nouveau concept. L'ancien et le nouveau fusionnent, et le résultat prend des allures de réussite totale. "Réussite" n'est pourtant pas le terme qui convient à FF8, puisque le qualifier de chef-d'oeuvre n'en fait pas un jeu réussi, mais une oeuvre qui est parvenue au-delà.

Derrière l'oeuvre

Les grands noms du staff de FF8 sont globalement les mêmes que pour l'opus précédent. Nous retrouvons donc Hironobu Sakaguchi et Yoshinari Kitase respectivement aux postes de Producteur exécutif et Réalisateur, Tetsuya Nomura au design des personnages, Nobuo Uematsu à la musique et Yoshitaka Amano aux illustrations. Soulignons aussi l'effort apporté à la richesse du scénario par Kazushige Nojima et au système de combat par Hiroyuki Itô. Eh oui, car FF8 en doit beaucoup à ces deux personnalités, comme à bien d'autres encore... Toute l'imagination du staff se ressent à travers le jeu.

100 Ultimas à Génie-A

Le système de combat de FF8 peut se résumer à cela : qui ne tente rien n'a rien. Oui, car ce jeu tente le diable en proposant un système entièrement nouveau, laissant de côté de nombreux éléments qui ont constitué le gameplay de la série depuis toujours. Exit donc les magies à coût de MP, les pièces d'équipement, l'argent reçu en fin de combat, les invocations au même titre que les sortilèges, les jobs, les objets limités à 99 exemplaires... FF8 instaure son propre système, n'en déplaise aux puristes de la série. Mais comme cette dernière s'est surtout fait connaître avec FF7, l'impact fut limité, et tout le monde accueillit FF8 l'esprit ouvert. Le jeu connut donc un grand succès, et fait partie des épisodes élevés au rang de mythique.

Le système de combat repose sur les associations, un procédé entièrement nouveau. Tout se fait par l'intermédiaire des Guardian Force, les invocations de FF8. On y retrouve avec plaisir les éternels Ifrit, Shiva, Odin, Léviathan et Bahamut, auxquels sont rajoutés des connaissances comme Carbuncle (Ahuri), Gilgamesh, Alexander, Pampa, Tomberry et Ondine. Et ajoutons à cela de nouvelles créatures : Golgotha (le remplaçant de Ramuh ), Helltrain, Zephyr, Orbital, Nosferatu, Cerberus et Taurus. Soit un total de 18 chimères dont 16 qui régissent les personnages. Bien sûr, leur utilité première, qui consiste à leur faire appel pendant le combat, est toujours fonctionnelle chez FF8. Chacune d'elles occasionne une séquence visuelle à couper le souffle, toutes aussi réussies les une que les autres. Mais leur seconde utilité est la plus capitale. Associée à un personnage, la G-Force lui autorise une certaine liste de capacités qui vont de l'utilisation d'objets à l'association de sortilèges sur les différentes caractéristiques (HP, Vgr, Mgi...), en passant par l'emploi de capacités spéciales (Châtiment) et passives (ex : HP + 40%). L'utilisateur devra néanmoins trouver de la magie pour exploiter au mieux le système d'associations. Le panel de sortilèges disponible est très varié et outre son utilisation en combat, appuie sur l'amélioration du personnage en augmentant ses HP Max, sa force, ou même sa résistances à certaines attaques élémentaires ou mentales. Le niveau du perso passe donc en second plan, d'autant qu'il est possible de finir le jeu à un niveau minimum. Le stock de magie (qui fonctionne comme un stock d'objets) peut être rempli en la volant à des ennemis ou aux sources de magie disséminés dans le monde, ou bien en transformant des objets par le biais d'une capacité spéciale que la G-Force doit apprendre au préalable. Venons-en à l'apprentissage des G-Force justement ! Celles-ci ne disposent pas de toutes les capacités dès le début du jeu, elles les assimilent progressivement grâce à l'expérience des combats. La profondeur du système de combat de FF8 dépasse bien encore tout ce qui a été cité jusque là, car on pourrait aussi mentionner les caractéristiques qui sont augmentées selon la quantité et la valeur de la magie associée, les différentes catégories de capacités apprises par les G-Force ou la transformation des objets en magie ou autres objets...

Les associations de MagieGolgotha qui lance son attaque

Un mot quant à l'attaque spéciale prévue pour chaque combattant. Baptisée Limit Break dans FF8, celles-ci s'activent quand le perso est au bord de l'évanouissement. Bien que ce fait oppose FF7 à FF8, une chose les relie : chaque perso possède sa propre attaque spéciale et peut en apprendre de plus puissantes.

Pour allonger la durée de vie du jeu (déjà bien conséquente pourtant!), les créateurs ont mis au point un jeu de cartes nommé le Triple Triad. Le plateau de jeu Triple TriadComme beaucoup de jeux du genre, le Triple Triad est capable de vous subjuguer longtemps sous son emprise ! Il faut dire que son concept de génie en fait un mini-jeu original et prenant, et le système de combat a inclus dans ses clauses l'importance du Triple Triad, puisqu'une capacité permet de transformer les cartes gagnées en objet. Et comme certaines cartes sont uniques, les objets qu'elles cèdent sont d'une aide précieuse pour les combats les plus ardus ! De quoi donner une raison de plus pour se lancer dans cette seconde quête en parallèle à la première.

La créativité de Squaresoft avait déjà ses preuves avec l'excellent système de matéria de FF7, mais ce qu'elle a produit pour FF8 était tout à fait inespéré. Jouer et rejouer à FF8 nous oblige à nous rendre compte que le travail fourni est phénoménal. Joindre la complexité à l'agréable semble si facile !

La farandole

Il y a un autre effort à signaler dans la conception technique de FF8, qui lui est exclusif d'ailleurs. Il s'agit des effets sonores en combat. Combien de joueurs y ont vraiment prêté attention ? FF8 est l'unique jeu de la série dont les effets sonores sont vraiment présents, accentués et saisissants. Alors que les autres épisodes se contentent d'effets discrets, FF8 mise beaucoup plus sur la qualité des effets sonores en combats. Que ce soit ceux des invocations, des sortilèges, des Limit Break ou même des attaques physiques, ils sont véritablement mis en avant. Comme FF8 est le seul à vraiment y mettre du coeur, il était bon de le signaler, quitte à y consacrer un chapitre !

Modernisme, Romantisme, Conflit et Sorcellerie

Ce sont quatre mots très différents, et pourtant ils sont ce qui résume le mieux le scénario de Final Fantasy VIII.

Squall, élève froid et réservé de la BGU (Balamb Garden University) est prêt à passer son examen pour devenir un Seed. Le Seed correspond à l'élite des forces armées destinées à combattre la Sorcière, ennemie de l'humanité, et maintenir la paix dans le monde. Ayant passé son examen avec succès, Squall s'embarque dès lors dans une première mission qui l'entraînera sans qu'il en ait conscience vers un conflit d'envergure mondial. Le président de Galbadia, dont Squall et d'autres Seeds avaient pour mission de le capturer, dévoile au monde sa volonté superflue de conserver la paix et présente une ambassadrice peu commune : une sorcière. Sur ordre des universités de Balamb et Galbadia, le nouveau groupe de Seed se retrouve avec une seconde mission très radicale : éliminer la sorcière. Mais en chemin, ils tombent régulièrement en léthargie et sont transportés dans un étrange monde parallèle. A quoi rime donc ce fait surnaturel ? Quel est le véritable souhait de la sorcière ? Qu'arrivera t-il à Squall et ses camarades s'ils échouent à cette difficile mission ?

Le joueur ne peut qu'évoquer du plaisir à vivre dans un monde comme celui de FF8, qui est à la pointe de la technologie. Mais seules la région d'Esthar et la BGU soutiennent l'image d'un univers utopique. Le reste du monde s'inspire énormément de notre bonne vieille réalité, on peut même constater un énorme rapprochement entre les villes portuaires françaises et celles de FF8 que sont Balamb City et Dollet, tandis que Deling City, avec son arc de triomphe, son ambiance et ses embouteillages faciles, rappelle immanquablement Paris ! Alors où est ce monde technologique évoqué en début de paragraphe ? Eh bien il s'installe à peu près partout, car il se mélange avec les zones urbaines de FF8. Le résultat donne donc un monde très proche du notre, mais avec une dose de modernisme en plus. Et il y a des exceptions, comme le paisible village de Winhill qui n'a rien de futuriste, mais dont le charme évoque les communes les plus paumées de France (eh oui, encore !). En outre, les designers de Squaresoft ont fait un excellent travail, pour illustrer la parfaite alternative entre notre réalité et celle d'un futur éloigné.

Dans cet univers se déroule une histoire peu banale, aux thèmes multiples tels que l'amour, l'amitié, le militarisme, la diplomatie... Son évolution est avant tout progressive, puisque Squall part d'une simple mission consistant à soutenir des résistants, pour se retrouver à commettre un assassinat de haute influence, puis de sauver toute une université des représailles à cet attentant. Et sans surprise, il se retrouve à la fin du jeu comme sauveur de l'humanité, mais cela est commun à bien des scénarios dans le monde du jeu vidéo. Cela ne rend pas la fin de l'histoire banale, loin de là ! Celle-ci est trop originale pour sombrer dans le déjà-vu. Les révélations et rebondissements pleuvent à verse, et le joueur ne sait jamais la suite de l'histoire puisqu'elle est imprévisible ! Et cela fait partie de son charme.
Et pour mener à bien ce scénario, Square a donné vie à de multiples personnages. Parmi les principaux, évoquons la voluptueuse Edea, dont le style vestimentaire fascine par son originalité. Laguna et sa maladresse innée est un soldat qui préférerait être journaliste et parcourir le monde. Fujin et Raijin, deux acolytes que tout oppose, sont prêts à tout pour soutenir leur ami de toujours, Seifer. Ou encore Irvine, qui cache une sensibilité insoupçonnée derrière son caractère de frimeur. Et enfin, Squall...

Une histoire de héros

Cloud de FF7 a fasciné beaucoup de joueurs sur bien des points, et force est de constater que la création de Squall a été le fruit d'un travail encore plus soigné, pour ne pas dire opiniâtre. D'une part, Tetsuya Nomura a réuni tout son talent de designer pour lui procurer un aspect physique irréprochable. Comme si cela ne suffisait pas, c'est un véritable univers qui s'est construit autour de lui : son arme, la Gunblade, sa bague et son collier à l'effigie d'un lion, représentant la force et l'honneur. Squall est un combattant, et se lance au combat même s'il sait que cette décision lui attirera les ennuis. Comme il l'affirme lui-même, c'est pour défendre son honneur qu'il a répondu aux provocations de son rival Seifer plutôt que de l'ignorer. Sa fidèle Gunblade le représente bien sur le terrain de combat, lui donnant l'image d'un guerrier vaillant qui ne fuit pas face au danger. Mais est-ce aussi par réputation qu'il maintient cette image ? Probablement oui, car Squall, en dépit de son introversion et sa froideur, se demande constamment ce que les autres pensent de lui. S'agirait-il donc de sa faiblesse, car en dépit de son talent au combat, Squall est souvent dans le doute, n'accomplissant pas toujours le rôle de chef qu'on lui attribue sans cesse. Et son insensibilité ne rend pas la tâche plus aisée. Quand il doit remonter le moral de ses troupes, Squall peine à trouver les mots ou adopter la réaction qui convient. Comment agir avec les autres quand on ne pense et qu'on ne connaît que soi-même ? Squall ne vit que pour lui et n'agit que pour son propre égo. Lors de son enfance à l'orphelinat, il a perdu un être cher qu'il n'a plus jamais revu. Depuis ce temps, il a peur de s'attacher, craignant de perdre une autre personne. C'est donc par peur qu'il garde toujours ses distances avec les autres. Squall n'est donc pas si insensible ?

L'arme de Squall : la GunbladeCronos, le porte clef en forme de lion

Mais comme tout adolescent, Squall a connu l'amitié, et l'amour. Il ne s'en rendra pas compte immédiatement, mais son premier contact avec Linoa va insuffler en lui un sentiment qu'il n'a jamais connu auparavant. Pendant la première moitié de l'aventure, il agira en tant que Seed : combattre pour sauver l'humanité. Et pendant la seconde partie, il abandonnera son rôle pour sauver Linoa. Il ira jusqu'à plonger dans l'espace pour la secourir, même s'il doit mourir dans cette quête suicidaire. Et enfin, dans l'ultime phase de l'histoire, Squall conciliera les deux quêtes en affrontant la Sorcière. Au terme de la bataille, Squall aura surmonté sa peur et vaincu le démon qui l'habitait. Cette victoire, il l'affirmera à travers... un sourire.

Ce chapitre ne sera pas suffisant pour faire le tour du personnage de Squall, ni même celui de l'histoire de FF8, riche en symboles et subtilités. C'est dire à quel point ce jeu est formidable ! Il n'est pas négligeable pour terminer ce chapitre de mentionner un des secrets de Squall : l'identité de ses parents. Le joueur finit par le découvrir, mais jamais le jeu ne le dévoile directement, préférant parsemer indices et allusions ! Voici donc une autre preuve de ce qu'on pourrait maintenant baptiser l'originalité du scénario, même si le synopsis suffisait à s'en rendre compte.

Le départ d'une nouvelle tradition

Personne n'a oublié la fameuse traduction française de Final Fantasy VII, qui donnait plus envie de vomir dessus que de la lire. Avec le succès mondial de cet épisode, cette erreur ne s'est plus jamais reproduite. Final Fantasy VIII inaugure donc la parfaite entente entre la série des FF et la traduction française ! Celle-ci est à la hauteur du scénario ! Le joueur peut enfin le vivre dans son entier, et le comprend de la même manière qu'un joueur japonais comprend l'histoire avec la version japonaise du jeu (ce qui n'était pas le cas avec FF7). Bien sûr, un des points sur lequel la traduction FR devait mettre l'accent était sur le comportement de Squall, dans ses dires comme dans ses pensées, afin que l'ampleur de son personnage soit intact. Ainsi certaines phrases émanant de lui sont mémorables ! "Se bercer d'illusions, c'est le meilleur moyen d'être déçu", "Le bien et le mal n'existent pas, juste deux points de vue incompatibles"... Autant de termes philosophiques qui brillent de la même manière que le jeu. Et en plus, c'est tellement vrai...

Par ailleurs, FF8 instaure une tradition qui s'est perpétuée jusqu'à FFX-2, puis dans les versions GBA de FF1 à FF6 et enfin dans la version DS de FF3. Autrement dit, presque tous les jeux qui ont suivi la sortie de FF8. Il s'agit des noms de magies et d'invocations. L'idée de créer ces noms dans FF8 et de les reporter à chaque FF suivant ne vient pas de localisation française mais américaine. Voici une liste pour illustrer ces propos :

Nom anglais original

Nom français FF7

Nom anglais FF8

Nom français FF8

  Fire

  Feu

  Fire

  Brasier

  Fire2

  Feu2

  Fira

  Brasier +

  Fire3

  Feu3

  Firaga

  Brasier X

  Ice2

  Glace2

  Blizzara

  Glacier +

  Bolt3

  Eclair3

  Thundaga

  Foudre X

  Cure

  Guéri

  Cure

  Soin

  Life2

 Vie2

  Full-Life

  Vie Max

  Protes

  Barr

  Protect

  Carapace

  Quake

  Trembl

  Quake

  Quake

Voyez la différence. FF7 en français porte sûrement la pire traduction qui ait existé dans l'histoire de Final Fantasy. En revanche, celle de FF8 liste déjà des noms beaucoup plus élaborés. FF9 reprendra donc ces appellations, à quelques exceptions près (Fournaise devient Atomnium). Par ailleurs, FF8 est aussi le début d'une nouvelle ère pour les invocations. Le sempiternel Ifrit n'invoque plus le banal Feu de l'Enfer (Hellfire) mais Divine Comédie, un nom d'une oeuvre littéraire traitant de l'Enfer (parmi ses autres sujets). Shiva n'emprisonne plus ses ennemis avec Poussière de Diamant (Diamond Dust) mais Transcendantale. D'autres noms sont listés parmi les invocations, de même que les pièces d'équipements et les objets, mais il serait trop long de tout énumérer, référez-vous en à la page Traduction des Noms pour d'avantage d'informations.

Pour certains, cette tradition qui passe un peu inaperçue est réduite à un détail. Il est pourtant sympathique de trouver une trace des précédents FF dans les nouveaux à travers ces mots qui leur sont communs. Mais il est dommage que l'avenir de la série ne le voie pas du même oeil. En effet, le dernier FF en date (FF12) semble vouloir rompre avec cette tradition et a remis en place des noms plus primaires : Brasier redevient Feu ! Dommage !

Un chef-d'oeuvre peut en cacher un autre

Nobuo Uematsu est un peu comme la série FF. Il est titulaire d'un passé chargé et d'une expérience remarquable, pourtant il ne finit pas de nous étonner avec ses nouvelles créations. Le tournant qu'il a pris depuis FF7 semble se confirmer avec la musique de FF8, axée sur l'ambiance. Il n'en oublie toutefois pas la composition de mélodies pour les morceaux les plus importants. FF8 OST inaugure une tradition (encore !!), toujours suivie jusqu'à présent, qui consiste à détenir une chanson-thème, servant à la fois de thème central et de maîtresse de cérémonie pour le générique de fin. Pour ce premier essai, c'est la chanson Eyes on Me (chantée par la chinoise Faye Wong) qui sert de thème principal. D'ailleurs, elle existe au sein du jeu ! Elle a été écrite, composée et interprétée par une artiste nommée Julia Heartilly, basée sur une ballade au piano qu'elle jouait dans un bar à Deling City. Les paroles racontent les heureux moments de sa vie pendant lesquels un homme la regardait jouer ce fameux air pianistique, un homme maladroit mais follement amoureux. Mais l'une décéda peu de temps après et l'autre partit en guerre... 17 ans plus tard, c'est comme si leur amour jaillissait à nouveau, avec Eyes on Me comme musique de fond...

Le single Eyes on Me sortit peu avant l'OST, le 24 février 1999. Cette belle chanson au doux air de romantisme est signée Nobuo Uematsu (pour la composition) et Faye Wong (pour l'interprétation).

Final Fantasy VIII Original Soundtrack est sorti le 01 mars 1999. Une nouvelle édition sortit l'année suivante. Cet OST de 4 CD est un véritable chef-d'oeuvre, en parallèle au premier chef-d'oeuvre qu'est le jeu. Nobuo Uematsu y a composé un florilège de superbes morceaux, à commencer par la dantesque Liberi Fatali, la musique qui accompagne la scène d'ouverture. De Liberi Fatali ressort FITHOS LUSEC WECOS VINOSEC, le thème des sorcières, qui se joue pendant la parade de la prêtresse à Deling City. Premonition provient lui aussi du thème d'ouverture. Ce thème de combat est une excellente alternative entre l'ambiance des combats et celle inspirée par la sorcellerie propre à FF8. Du côté des mélodies, intéressons-nous à Fisherman's Horizon, le paisible paradis des pêcheurs. Comptons aussi des thèmes symboliques comme Ami, une ode à l'amitié, Love Grows, correspondant cette fois à l'amour, ou The Oath, le serment des Seeds. Et que dire de The Extreme, le thème du boss final, au style tellement différent de One-Winged Angel, mais au moins aussi efficace ! N'oublions pas non plus le mystérieux Drifting, un musique plutôt troublante, un instant de réflexion. Les furieux thèmes de combat Force Your Way et The Man with the Machine Gun confirme l'excellent contenu de cet OST en thème de combat. Et enfin, les musiques d'ambiance... elles correspondent parfaitement avec l'endroit auquel elles sont rattachées. D'ailleurs, tout l'OST convient à merveille avec l'univers de FF8. Pourtant ce dernier est si complexe et original que l'illustrer en musique devait être un défi pour Uematsu. Un défi remporté avec succès, sans aucun doute !

Final Fantasy VIII répare l'erreur de son aîné, celle d'avoir omis l'enregistrement d'un album basé sur l'OST original, en plus du traditionnel Piano Collections. Voici donc FITHOS LUSEC WECOS VINOSEC, un album d'arrangement orchestral sorti le 20 novembre 1999. On y retrouve trois morceaux directement issus de l'OST, ainsi que d'excellentes reprises telles que The Oath, The Man with the Machine Gun (ou comment passer de la techno au symphonique) ou Love Grows.

Final Fantasy VIII Piano Collections rejoint ses congénères le 21 janvier 2000. Il recèle des arrangements sensiblement plus profonds et recherchés que ce qu'on a connu à l'époque de FF4, FF5 et même FF7. Les deux meilleurs exemples sont Succession of Witches et Find Your Way. Ecouter ces deux titres revient à plonger dans un monde de mystères, où la force et la subtilité poignantes du jeu ressortent pleinement. A ce même domaine s'ajoute Blue Fields, décidé à prouver qu'il peut être à la hauteur de FF7 Main Theme ou Tina. Dans un autre registre, Shuffle or Boogie et Slide Show Part 2 sont l'oxygène de ce CD, l'espace où l'auditeur peut faire reposer son imagination grâce au divertissement. Hormis ces pauses, FF8 Piano Collections est l'oeuvre musicale philosophique par excellence !

Le point faible

L'excellent système d'associations de FF8 a ouvert certaines portes qu'il aurait mieux valu ne pas ouvrir. Si le joueur n'est averti de rien, il progressera alors dans des conditions optimales, où la difficulté de chaque combat sera mesurée à sa juste valeur. Il s'agit là de la meilleure option, bien sûr, puisque les concepteurs l'avaient imaginée ainsi. Toutefois, un autre joueur, cette fois-ci connaisseur, pourra affronter chaque monstre et chaque boss sans ne se soucier de rien. Autrement dit : toute le challenge du jeu s'évapore, une partie du plaisir avec. Donc si vous êtes débutant dans ce huitième Final Fantasy, il vous est chaudement conseillé d'éviter de lire le paragraphe suivant. Quant aux vétérans, constatez la flagrance.

Cette faille dans le système de combat peut être explorée à n'importe quel point du jeu, y compris au tout début ! Le joueur n'a pour simple contrainte que de débloquer la capacité Mode Carte de Golgotha, Créa-Mgi-Soin d'Ondine, HP-A et Vgr-A de deux G-Force quelconques. Les 6 PDC apportés par les Phantom permettent d'atteindre rapidement la quantité de points nécessaires. Ensuite, il n'aura qu'à se gorger de sortilèges jusqu'à atteindre 100 exemplaires, une formalité trop rapidement remplie. Et encore, il est tellement plus simple de transformer les 16 rocs féeriques que lègue Ligus en 80 exemplaires de Soin Max, ce qui hausse les HP Max aux environs de 3000 ! Rien que cela, et toutes les batailles des deux premiers CD sont remportées d'avance. Mais pour mieux enfoncer le clou, la Vigueur du personnage peut être rapidement améliorée par les H2o de Phantom ou les 100 Zombies que les Poudres Zombies d'Ecorché génèrent. Mieux encore, pourquoi ne pas transformer la carte Quistis, gagnée facilement à la BGU, en Sacrum ? Cet objet rapporte 60 Triples, l'idéal pour propulser la force de votre personnage à un niveau digne de l'ultime bataille. Et pour maximiser encore les dégâts, profitez de l'altération d'état Dfs 0 (sort Meltdown), qui fonctionne sur absolument tous les ennemis ! Pour que le clou soit totalement enfoncé, mettez à profit la capacité Mode Carte pour transformer la carte Angel, obtenue tôt dans le jeu, en 100 élixirs ! Quand on pense que ces objets de soin sont si rares et précieux dans les FF précédents ! La suite de l'aventure propose aussi la carte Laguna transformable en 100 invulnérables, soit un ticket pour la victoire assurée de toutes les batailles. Et comble de l'ironie, cette carte peut être regagnée au CD4, pour 100 invulnérables supplémentaires. Pour faire passer le clou dans la pièce voisine, privilégiez Squall pour toutes ces associations avantageuses. Sa garantie de coup critique à chaque attaque, en plus de sa précision maximale et de son Renzokuken dont seule une utilisation permet de terrasser presque n'importe quel ennemi, sont des raisons de choix pour lui attribuer cette responsabilité. Et en plus, c'est le personnage principal...

Le paragraphe du dessus est certes un peu cru, mais il illustre précisément l'absurdité que représente cette faille. Final Fantasy VIII est une oeuvre qui ne méritait pas cela, d'autant qu'il ne s'agit là que de sa seule faiblesse. Elle prouve en tout cas qu'aucun jeu n'est parfait, et que quelque chose arrive toujours à filer entre les doigts, quelle qu'elle soit.

Retour vers le futur

A l'instar de FF7, FF8 se fait toujours parler de lui, plus de dix ans après sa sortie. Mais ce sont pour différentes raisons que ces deux jeux font partie de la conversation des fans aujourd'hui. Il y a bien le classique classement des FF préférés que les nostalgiques établissent entre eux sur les forums du réseau, qui implique presque systématiquement ces deux FF, mais c'est l'unique raison qui les relie. Autrement, FF7 dispose de ses récents produits dérivés issus de la compilation éponyme, dont le dernier en date se nomme Crisis Core ; et les rumeurs sur son éventuel remake fantôme le maintiennent en permanence, surtout peu avant chaque conférence où elles se multiplient abondamment. Quant à FF8, c'est une autre histoire...

Non. Peu de fans espèrent un remake de FF8, ou en tout cas peu en parlent. Et comme Square n'y a jamais retouché, ne serait-ce que pour un quelconque spin-off, son oeuvre ne dépend plus que de la volonté des joueurs de découvrir ou de redécouvrir ce chef-d'oeuvre avec le jeu qu'ils ont acheté il y a quelques années dans le magasin du coin, ou par chance sur Internet en ayant payé le prix fort. Et malgré son aspect un peu vieux jeu (c'est le cas de le dire), cette volonté est en vérité admirable car elle prouve que pour mesurer la qualité d'un jeu, il faut vérifier s'il dure au fil du temps... s'il est indémodable. Et pour FF8, c'est le cas !

Sur Internet, cette vérification est relativement simple à effectuer. Il suffit de compter le nombre de fan-fictions (des rédactions diverses sur FF8 écrites par les fans), de parodies (audio ou écrites) ou encore de théories rédigées depuis un ou plusieurs éléments du jeu. Squaresoft s'est fait un malin plaisir d'aboutir le jeu tout en laissant des lacunes, pour que les fans puissent imaginer et élaborer ce dont à quoi correspond ces manques pour le moins mystérieux. Une des théories les plus intéressantes ont pour sujet l'identité du grand méchant de l'histoire, qui pourrait être un des personnages principaux. Loin d'être fantaisiste, les recherches que les joueurs ont effectuées sont sérieuses et appliquées, suffisamment pour que l'on admette leur crédibilité. Il ne reste plus qu'à vous d'y croire ou non... Mais en dehors de cela, il y a un fait irréprochable : FF8 a laissé des traces qu'il serait intéressant de suivre... C'est tout à son honneur d'avoir une qualité dont peu de FF peuvent se vanter.

Deux valent mieux qu'un

Final Fantasy VIII s'est vendu à 8 150 000 exemplaires, ce qui reste inférieur au score de FF7, qui lui monte à 9 720 000. Mais qu'importe, ça n'empêchera pas la terre de tourner !

Couverture PlayStation US Front
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Commander

Couverture PlayStation Japon Front
[Back]
Commander

 

Plate-forme : PlayStation
Développeur : Squaresoft
Editeur : Square Co., Ltd
Format : CD-Rom
Nombre de CDs : 4
Site web officiel : Aller sur le site
Date de sortie :Europe 27 octobre 1999
                       US9 Septembre 1999
                       Japon11 Février 1999


Plate-forme : PC PC (Windows 95, Windows 98)
Développeur : Squaresoft
Editeur : Eidos Interactive
Format : CD-Rom
Nombre de CDs : 4
Site web officiel : Aller sur le site
Date de sortie : 23 Mars 2000
                       18 Février 2000
                       25 Janvier 2000

Cette édition sur Windows inclut le Chocobo World, un mini-jeu avec Boko qui rapporte des objets obtenus nulle part ailleurs dans le jeu. Sur PSX, il fallait posséder la PocketStation pour mener cette quête, mais cet accessoire n'est vendu qu'au Japon ! Les graphismes et la bande-son ont été légèrement revus à la hausse, mais pas assez pour rendre jaloux les "êtres comblés possesseurs du Saint-Graal !" Sortie JAP le 25 janvier 2000. Sortie US le 18 février. Sortie européenne le 23 mars.

Conclusion

Final Fantasy VIII fait partie des épisodes qui ont élevé la série au rang de mythe, même si le jeu est un mythe à lui seul. Passés les rares défauts qui tachent le tableau, on découvre en ce chef-d'oeuvre toute la finesse et l'inspiration d'une équipe qui s'est surpassée, réunissant talent et détermination pour offrir au public une merveille vidéoludique au contenu sans pareil. La passion du jeu vidéo est toute résumée au coeur de ce jeu, une flamme qui nous anime tous. Et si un jour elle doit s'éteindre, il y aura toujours moyen de la rallumer à nouveau, il suffira de faire tourner le premier CD de Final Fantasy VIII dans la console de jeu.

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