INTRODUCTION FINAL FANTASY
Foulant des terres désolées, un audacieux guerrier élu des cieux eut le pouvoir de rétablir l'équilibre d'un monde en péril. Son cristal logé dans le creux de la main, il brandit son épée sur la menace venue des ténèbres et enraya le purgatoire à l'aide de la bienfaisante lumière. Mais cette lueur salvatrice n'aura raison de son rival qu'une fois la puissance des quatre cristaux rétablis... Celui du feu, qui anime l'essence de la vie et du confort. Celui du vent, porteur de l'essence de la mobilité et de l'animation. Celui de l'eau, baignant le monde de sa pureté infinie. Et celui de la terre, support de toute vie. Ainsi la légende naquit...
Un dernier départ, un premier succès
1986. Au Japon, une petite entreprise de programmation de jeux vidéo du nom de Squaresoft enchaîne échec sur échec. Chacun de ses jeux vidéo réalise des ventes trop limitées et l'entreprise est conduite au dépôt de bilan. Mais la création d'un ultime jeu, destiné à porter le dernier espoir de Square à travers l'industrie grandissante du jeu vidéo, va littéralement changer la donne. Final Fantasy, à comprendre par -l'ultime fantaisie- sortit l'année suivante. Pour tout fan de la série Final Fantasy qui se respecte, il faut avoir connaissance de la date de sortie de ce premier épisode qui constitue pour nous la racine la plus profonde liée à notre passion : le 19 décembre 1987.
Je veux raconter une histoire...
Final Fantasy fut mis au point par cinq développeurs, à l'époque les seuls programmeurs qui constituaient l'effectif total de Squaresoft. Hironobu Sakaguchi (direction), Nobuo Uematsu (musique), Nasir Gebelli (programmation), Kenji Terada (scénario) et Yoshitaka Amano (design). Parmi ces cinq là, il faut en retenir au moins un : Hironobu Sakuguchi, car il est à l'origine du projet. Autrement dit, il est le père de la saga que l'on connaît tous aujourd'hui. En s'inspirant de la série à l'époque rivale de FF, Dragon Quest, Sakaguchi a imaginé un jeu centré sur le thème de l'héroic-fantasy et régi en priorité par l'histoire et non pas par l'action. On se souviendra de lui une phrase (ou plutôt deux) qui résume aussi bien la situation de l'époque que l'évolution de la série à l'heure actuelle : "Je ne pense pas être de ceux qui savent faire de bon jeux d'action. Je préfère raconter une histoire...".
Au coeur du jeu
Le jeu miracle fut développé sur la console NES (Nintendo Entertainment System). Impossible d'évoquer cette console sans se souvenir du potentiel incroyablement limité dont elle jouissait : une puce sonore fonctionnant par bips, des graphismes vulgaires aux couleurs primaires, machine et paddles peu esthétiques... Mais qu'on se le dise, à l'époque c'était le bijou de Nintendo, et aujourd'hui le fruit des convoitises des collectionneurs ! Final Fantasy offrit pourtant un résultat technique très acceptable, surtout comparé au premier épisode de la série Dragon Quest qui présentait par exemple une carte du monde restreinte et disproportionnée. Et la bande sonore du jeu, grâce aux mélodies de bon sens, n'était pas si désagréable à l'oreille... Si le succès du jeu en doit déjà beaucoup à ces avantages, le fonctionnement même du jeu n'est pas en reste. Le système de combat inaugura le système de tour par tour et les statuts élémentaires (feu, glace...), le système de jeu était simple et intuitif. Le but du jeu consistant à explorer quatre donjons (pour les quatre cristaux), entrecoupés par d'autres donjons, carte du monde et villages pittoresques, était un concept accueillant. Les joueurs japonais se sont laissés tenter, ils ont été ensorcelés ! La difficulté extrêmement élevée du jeu, avec qui plus est un système de sauvegarde très limité, n'a pas effrayé les joueurs. Ca tient du prodige !
La légende des quatre cristaux
Outre le système habituel des RPG dont Final Fantasy s'est équipé (combats aléatoires, système de leveling...), le jeu se démarque par un scénario simple et efficace, basé sur une légende de quatre cristaux élémentaires contribuant à l'équilibre du monde. La véritable origine du scénario remonte à la théorie d'une certaine religion depuis longtemps oubliée . Du moins, les similitudes sont là ! Le manichéisme est une religion datant du IIIe siècle après JC, condamnée quelques temps plus tard. On aura toutefois su ces dernières années que le manichéisme s'était étendu jusqu'en Chine.
Lumière, Ténèbres et Mort sont autant de termes se rattachant à cette mythologie. Selon les manichéistes, la Mort aurait été apportée sur la terre suite à la fusion entre la Lumière et les Ténèbres (serait-ce durant cette fusion que l' "existence" est née ?). Dans FF1, Garland, le grand ennemi du jeu, est en quelque sorte à l'origine de cette fusion et c'est donc lui qui perturbera l'équilibre du monde. Elus par les dieux, nos quatre héros eurent à l'origine pour mission d'enquêter sur les étranges conditions climatiques de la planète, ce qui les mènera ensuite à découvrir l'affaiblissement des cristaux, puis l'existence du Chaos. C'est à travers leurs péripéties que les héros de la Lumière rebâtiront l'essence de la vie au sein de la Terre, en éliminant dans cette optique la menace venue des Ténèbres. Autrement dit, l'histoire de FF1 n'est pas née du hasard, elle est fondée à partir d'une mythologie ; par ailleurs d'autres épisodes à venir reviendront dessus. Ils sont repérables par l'identité des méchants de chaque jeu, qui sont identifiables à l'incarnation du mal, Necron. Ceux qui ont joué à FF5 et FF9 comprendront par leurs similitudes que FF9 est également concerné par cette trame scénaristique : Garland ne revenant pas que pour le plaisir du clin d'oeil, le retour aux sources nous replonge directement dans le contexte de FF1. Eh oui, l'histoire originale de FF9 n'est en réalité qu'une toile de fond par rapport à l'histoire des éléments et des cristaux, dont l'ensemble est relié à la notion du "cristal", même si ce niveau de l'histoire n'intervient qu'à la toute fin du jeu.
Ceux qui auront joué à FF1 et critiqué son scénario physiquement simpliste pourront revenir sur leur jugement !
 
Un dictionnaire malgré lui
Final Fantasy n'est pas seulement le premier épisode d'une longue lignée de jeu, il est aussi le générateur des opus suivants. FF1 regroupe en effet de nombreuses références dans plusieurs domaines, des sortilèges jusqu'aux musiques, en passant par l'équipement ou les monstres. Pratiquement tous les épisodes suivants puiseront dans la boîte de Pandore FF1 pour identifier voire mettre en scènes différents éléments. Les voici :
- Le scénario : Comme dit dans le chapitre précédent, la fameuse histoire basée sur les cristaux et la légende datant du manichéisme se répercutera dans FF3, FF4, FF5 et FF9.
- Les sortilèges : Bien que les traductions diffèrent naturellement d'un pays à l'autre, les sorts de magies que peuvent exécuter les mages de l'équipe deviendront immortels dès l'instant ou ils ont fait leur premier apparition dans la version NES. Ainsi on retrouve généralement les fameux trois sorts élémentaires Fire, Ice et Bolt (Feu, Glace et Foudre en VF, puis Brasier, Glacier et Foudre à partir de FF8). Enumérons aussi l'immortel sort de régénération Cure (Soin), de résurrection Life (Vie) ou encore le duo Flare et Holy (Atomnium et Sidéral), les deux sorts ultimes opposés.
- L'équipement : Les armes les plus récurrentes dans la série sont les plus puissantes : Masamune (on la connaît surtout pour être l'épée de Séphiroth dans FF7), Excalibur et Ragnarok. N'oublions pas non plus le fameux "mythril", matière pour les protections existant dans quasiment tous les FF.
- Le système de combat : La barre de commande est composée avant tout de Attaque, Magie et Objet, menu typique dans Final Fantasy. Les HP ainsi que les statistiques sont quant à eux récurrents dans tous les RPG. Aussi, les fameux jobs (au nombre de 6) formeront un système de combat parfois repris directement (FF3, FF5, FF10-2), parfois indirectement (FF4, FF9, FF10, FF12) à l'avenir.
- Les objets : On ne compte plus les potions, les éthers ou les élixirs que vous pouvez transporter durant vos voyages !
- Le bestiaire : Tous les FF de première génération reprend systématique le fameux gobelin en monstre de base. Et l'on retrouve les fameux quatre boss élémentaires dans Final Fantasy IX.
- Les musiques : On connaît tous Final Fantasy pour ses musiques récurrentes : le prélude, le prologue, la musique de victoire, l'intro des musiques de combats... mais pas tant de fans (en tout cas en France) savent que toutes ces mélodies ont été crées à l'origine pour FF1 !
Final Fantasy... un conte musical
Beaucoup de joueurs de Final Fantasy ont été au moins ébahis une fois par la musique d'un épisode de Final Fantasy. Aussi beaucoup de gens reconnaissent que le succès de Final Fantasy repose aussi sur les musiques composées par Nobuo Uematsu, le musicien de prédilection de la saga.
Dans les sondages, les musiques les plus soutenues par les joueurs sont généralement celles des Final Fantasy de seconde génération (de FF7 à FF10 pour être plus exact). Une constatation bien dommage car la musique des FF de première génération mérite tout autant voire plus de reconnaissance de la part du public, d'une part car elles sont à l'origine de l'épanouissement de la saga, d'autre part car leur valeur mélodique font d'elles des musiques inoubliables. Et pour preuve, malgré la puce sonore de la NES, les joueurs ont vite repéré la grandeur contenue dans les mélodies du jeu. Et qu'est-ce qui en a résulté ? Ni plus ni moins qu'un concert !
Le Prelude est la première musique que l'on entend lors du démarrage du jeu. De toute évidence, sa mélodie millénaire est devenu à cet instant l'emblème musical de la saga. Sa création est d'ailleurs devenu une anecdote gravée dans la mémoire des fans les plus chevronnés de la musique de FF : Sakaguchi s'était précipité au bureau de Uematsu afin de lui demander expressément une musique qui servirait de thème pour le menu principal. L'artiste a alors composé en l'espace de dix minutes dans un coin de table une mélodie simple mais débordante de subtilité : le prélude était né !
Parmi les meilleures musiques de la saga, on se souviendra aussi du prologue (autre mélodie récurrente de la série), l'émouvant Chaos' Temple, l'apaisant Town, l'exaltant Matoya's Cave ou encore le thème principal. La bande originale du jeu sortira avec de pair avec celle de Final Fantasy II, en 1988.
Le concert dont je parlais plus haut s'intitule Final Fantasy Symphonic Suite. Pour plus d'informations, rendez-vous à la page d'intro de Final Fantasy II.
Les différentes éditions de Final Fantasy (hors édition NES)
Conclusion
Avec les multiples remakes dont bénéficie aujourd'hui Final Fantasy, il n'y a plus de raison pour un fan de FF de refuser de jouer à l'épisode sans quoi il n'aurait pas Final Fantasy VII ou autre FF de seconde génération dans sa ludothèque au jour d'aujourd'hui. Certes FF1 est un jeu plutôt old-school qui demande donc de la patience et de l'application mais avec persévérance, il comprendra pourquoi les japonais ont autant de nostalgie pour FF1 sur NES que lui en a pour Final Fantasy VII. |