Vous connaissez la fin.

Découvrez à présent le conte duquel tout découle.

Pensé comme une duologie, l’Épisode d’Ardyn (ultime contenu canon greffé à Final Fantasy XV) se décline en un dessin-animé introductif revenant sur les origines de l’antagoniste principal de FFXV, et en un segment ludique plus proche des enjeux concrets entraperçus dans l’aventure principale. Particulièrement critiqué pour sa narration nébuleuse mettant à mal bon nombre de concepts pourtant intéressants, FFXV aspire à une certaine forme de rédemption avec cette ultime proposition. Il est question de cerner par-delà les simples mots (au mieux confus, au pire contradictoires) l’action concrète et les motivations du principal moteur de l’intrigue.

Limitée par le temps et le budget, l’équipe de développement a donc fait le choix de diviser son projet en deux parties complémentaires. L’une s’attardant sur les événements ayant conduit à la folie de celui qui était amené à régner sur le monde des hommes, et l’autre mettant en scène la mise en place de la vengeance de ce même personnage qui fut trahi par sa propre famille.

Final Fantasy XV: Episode Ardyn — Prologue : Principium Finis

Fabula Crystalli, le conte du Cristal

Le monde est en proie aux ténèbres, un fléau change les hommes et les bêtes en démons qui menacent de tout détruire. Cependant, une illustre famille représentée par deux frères lutte contre ce mal, chacun à sa manière, et gagne le respect du peuple. Somnus Lucis Caelum s’emploie à décimer le mal sous toutes ses formes pour la sauvegarde du plus grand nombre, tandis que son frère aîné Ardyn Lucis Caelum affirme qu’il est possible de sauver les victimes et de lutter contre le fléau sans avoir recours à des exécutions de masse. Des résultats de ces deux idéologies contraires dépendra la décision des dieux qui attendent de couronner un roi parmi les deux, un roi qui sera jugé capable de concourir à concrétiser le dessein divin et d’éradiquer la Peste des étoiles.

L’histoire revient donc sur les origines de la haine d’Ardyn contre sa famille et contre les dieux. De la trahison dont il fut victime, en passant par la corruption de son corps et de son esprit de martyr, jusqu’à son emprisonnement sur l’île d’Angelgard. Aucune surprise ne vient émailler le récit si ce n’est l’illustration par l’image de l’histoire du futur chancelier de Niflheim dans les dernières heures de FFXV, tombant comme un cheveu sur la soupe peu de temps avant la conclusion de l’histoire. On n’y croyait plus tant le personnage sombrait dans la caricature à chaque nouvelle apparition (en dehors probablement de sa scène avec Lunafreya à Altissia, scène qui gagne encore en intensité avec les événements révélés dans ce dessin-animé).

Ne t’inquiète pas. Même si les autres oublient ton nom… Moi, je ne l’oublierai jamais.

Une réalisation moyenne au service d’un objet efficace

Suivant les traces de la précédente itération animée dans la galaxie FFXV, Brotherhood: Final Fantasy XV, Episode Ardyn — Prologue est plutôt simpliste en termes d’animation. Malgré quelques jolies scènes et quelques trouvailles efficaces, l’ensemble est rigide et accuse un certain manque de personnalité. Si cela n’est pas un problème fondamental étant donné la part belle donnée aux dialogues statiques, l’impression de budget serré et de limites techniques ne cesse de planer sur chaque plan. La nature revendiquée d’objet publicitaire pour le segment ludique à venir en mars, et par là sa disponibilité gratuite sur YouTube, ne laissaient de fait que peu de place à l’ambition.

Cependant, en tant que bande-annonce, l’efficacité est au rendez-vous. D’une, les enjeux sont clairement réaffirmés, les personnages brièvement mais efficacement introduits, et de deux l’envie d’en découdre aux commandes du prince déchu est là.

Le prix à payer

Mais alors, dans ce monde où tout semble presque parfait (alors même que cet ajout trahit l’une des faiblesses de FFXV) qu’est-ce qui pose problème ? Abstraction faite des limites inhérentes à l’exercice, c’est à nouveau la perspective d’arrangements narratifs grossiers qui inquiète. Avec en tête le projet d’éclaircir l’une des plus grosses zones d’ombre du scénario du jeu, la multiplication de pistes pas franchement claires (l’origine des Lucis Caelum, de la Peste stellaire, de l’implication des dieux et des grâces accordées à notre famille préférée) ainsi que l’association avec une bande-annonce pour la partie ludique riche en moments clefs déjà concrets, difficile de partir confiant quant aux ultimes révélations qui viendront s’inscrire dans un Univers Final Fantasy XV aussi confus que ses développeurs.

Il faut d’ailleurs plusieurs visionnages pour réaligner les pièces de la petite intrigue tant tout s’enchaîne vite (comme des Assauts éclipse) et sans développement particulier. Le choix d’un déroulement aussi abrupt des séquences est une arme royale à double tranchant. En allant trop vite à l’essentiel, de nouvelles zones d’ombres indésirables naissent et les vilains démons de FFXV sont remis en lumière : la précipitation, l’approximation et donc la confusion.


Dans un monde où Final Fantasy XV ne cesse de chercher un sens à son existence, à corriger les erreurs commises pendant sa jeunesse, l’idée de mettre un point final à ce chapitre avec une preuve de bonne volonté est un signe encourageant de maturité. Cette introduction à l’Épisode d’Ardyn surprend sans surprendre. Avec son animation dépouillée, son intrigue très directe mais aussi efficace, on se surprend à porter de l’intérêt à un personnage qu’on avait appris à détester pour de mauvaises raisons. Pour cette petite victoire, on accorde au « chapitre final » toute notre attention, parée de nos réserves habituelles.


+

  • Une entrée en matière efficace
  • L’intrigue autour d’Ardyn devient crédible
  • Les enjeux de FFXV se solidifient
  • Un montage mêlant bande-annonce du DLC et dessin-animé efficace

  • Très court
  • Animation très figée
  • Pas de véritable bande-originale
  • Intrigue peut-être trop simpliste