Spécialiste des titres “à l’ancienne” avec ses jeux HD-2D aux mécaniques old-school saupoudrées de juste ce qu’il faut de modernité, la Team Asano a su se forger une communauté solide capable de passer outre les faiblesses desdits titres. Malheureusement, il va être difficile de faire de même pour The Adventures of Elliot qui est une synthèse de tous les travers du studio…
Merci à Square Enix France pour l’envoi d’un code.
Le jeu a été testé à partir d’une version PS5. Histoire terminée avec la meilleure fin et 80% des quêtes annexes réalisées en 19h.
90% des images du trailer proviennent de la dernière heure du jeu… ça en dit long.
The Legend of Heuria : An Elliot to the Past
Link Elliot est un aventurier aimant parcourir les vastes plaines du royaume d’Hyrule Huther pour rendre service aux habitants. Lorsque le roi le convoque pour retrouver la Master Sword Leystaf volée par le premier ministre avide de pouvoir, notre héros n’hésite pas à accepter cette quête, encouragé par la princesse Zelda Heuria qui commentera CHACUNE de vos actions (heureusement vous pouvez réduire ses interventions inintéressantes dans les options).
Après quelques péripéties, Elliot rencontrera la fée Navi Faie et sera amené à voyager dans le temps pour, à termes, sauver le monde. Pour se faire, il devra couper des herbes et briser des pots pour récupérer des rubis (tuls), utiliser boomerang, arc et bombes pour traverser les donjons et récupérer des quarts de cœur vie pour se renforcer… Bon, j’arrête là parce que ça va devenir lourd mais vous avez l’idée. The Adventures of Elliot, c’est The Legend of Zelda, l’inventivité et l’originalité en moins. Le titre ne raconte pas grand-chose et s’avère particulièrement fastidieux à suivre, la faute à un rythme décousu, des dialogues niais et un fil blanc tellement épais que la grande révélation du jeu est grillée au bout de quatre heures sur les quinze demandées pour finir l’histoire en ligne droite, vingt si vous faites toutes les quêtes. D’ailleurs, en parlant des quêtes annexes, celles-ci oscillent entre l’ennuyeux basique et le vaguement intéressant lorsqu’elles tentent d’étoffer un peu le background de certains personnages secondaires.
Ça le Faie ?
Bon. Scénaristiquement parlant, c’est franchement pas terrible. Mais quid du gameplay ? Eh bien là encore, ça reprend en grande partie Zelda. Concrètement, vous pouvez assigner deux armes (parmi sept) aux touches d’action. Ajoutez une touche pour le saut et une gâchette pour le bouclier (qui a une endurance et ne peut donc bloquer à l’infini) et vous avez l’intégralité des actions d’Elliot. Chaque arme peut être chargée plus ou moins longtemps pour délivrer des coups plus puissants et quelques-unes sont mises à contribution dans les (très) rares puzzles présents dans les donjons. Globalement, c’est pas désagréable mais l’absence de roulades et la très grande mobilité de quelques ennemis rendent certains affrontements frustrants. Quant au menu fretin, on finit par l’ignorer car trop nombreux, peu varié (il y a 6 types de monstres et autant de color-swap), mais surtout sans intérêt à combattre.

En effet, nulle XP ici, juste de l’argent qui vous servira principalement à une chose : ressusciter en cas de mort. Et au vu de l’équilibrage aux fraises des boss de fin, vous allez souvent trépasser. Sur le principe, le concept est intéressant : sommes-nous prêts à sacrifier nos ressources pour revenir immédiatement et grappiller les quelques points de vie restants à notre adversaire ? Ou faut-il recommencer du début et tenter de mieux gérer le combat ? Un choix qui perd rapidement tout sens puisque le jeu est extrêmement généreux et vous inonde de tuls. Si bien que la question ne se pose jamais. On bourrine le boss et si on meurt, bah on paye et on l’achève. Toute tension disparaît et, même si certains essaieront de “bien” jouer, la plupart souffleront devant les dégâts faramineux et cesseront d’essayer. Surtout qu’il faudra affronter 3-4 fois les mêmes boss… le jeu ne commençant à innover que dans ses dernières heures.
Dernier point sur Faie. Loin d’être un simple PNJ bavard, la fée apporte sa petite couche de gameplay puisqu’elle est contrôlable via le joystick droit et a accès à quelques magies comme une tornade, une téléportation ou la création d’un double. C’est rigolo, ça sert lors de 2-3 situations mais dans l’ensemble, c’est un peu sous-exploité. En revanche, il est possible de confier le contrôle total de Faie à un deuxième joueur. Une bonne idée de gameplay pour mettre à contribution, un ami, un enfant ou un parent.

Ah et on peut créer des magilithes qui offrent des compétences aléatoires à nos armes aussi. Bon, dans les faits, c’est tellement anecdotique que j’ai oublié l’option très rapidement.
Encore et encore et encore et encore…
Sur l’aspect purement technique, The Adventures of Elliot fait le job. C’est visuellement très beau et coloré. En revanche, c’est souvent un peu trop chargé et il est parfois difficile de bien lire l’action. Mais dans l’ensemble, c’est franchement pas mal même si j’aurais apprécié un peu plus de folies visuelles, le jeu ne se lâchant que dans sa dernière heure. Musicalement parlant, aucun morceau ne m’est resté en tête. C’est sympa sur le moment mais oubliable. En termes de doublage, j’ai joué en anglais et rien à dire à ce niveau. De même pour la traduction en français qui s’avère de qualité. Pour le chara-design, c’est sympa mais relativement “neutre”. Bref, on est sur la définition même d’un jeu “moyen”. Il n’invente rien, recycle beaucoup (aussi bien les idées des autres que les siennes) et se montre peu inspiré à tous les niveaux. En soit, beaucoup pourraient tout de même y trouver leur compte comme petit jeu des vacances sans prise de tête. Sauf que je n’ai pas abordé LE défaut du jeu : son exploration.
En nous plaçant dans les bottes d’un aventurier, on pourrait croire que le jeu mise tout sur son exploration de terres inconnues parsemées de donjons et de secrets…
En nous plaçant dans les bottes d’un aventurier, on pourrait penser que le jeu mise tout sur son exploration de terres inconnues parsemées de donjons et de secrets…
En nous plaçant dans les bottes d’un aventurier, on pourrait croire que le jeu mise beaucoup sur son exploration de terres inconnues parsemées de donjons et de secrets…
En nous plaçant dans les bottes d’un aventurier, on pourrait croire que le jeu mise tout sur son exploration de terres inconnues parsemées de donjons et de cavernes…
Vous avez l’impression d’avoir lu quatre fois presque la même chose et ça vous a ennuyé ? Eh bien, ça n’est qu’un aperçu de l’exploration du jeu. En nous faisant voyager à travers quatre époques différentes, The Adventures of Elliot nous oblige à parcourir quatre fois les mêmes cartes, avec les mêmes donjons, les mêmes ennemis aux mêmes endroits, les mêmes “énigmes”… Si bien qu’une fois le premier âge visité, vous n’aurez plus aucune surprise jusqu’à la fin du jeu en termes d’exploration. Et vu qu’en plus, elle n’est pas particulièrement agréable et bien pensée (toutes les zones sont interconnectées par une vingtaine de cavernes qui ont la même tête et qu’il faut sans cesse retraverser, il n’y a aucun raccourci, les points de TP sont mal pensés…), la redondance finit par achever le fun déjà mis à mal par tous les autres aspects du jeu.
Et c’est bien là au final le principal souci du titre. Au bout de 2-3 heures, on a vu l’intégralité de ce que le jeu a à offrir. Dès lors, tout le reste ne sera que redite sur fond de scénario semblant avoir été écrit au fur et à mesure sans direction claire. Mention spéciale pour la « vraie » fin qui tombe comme un cheveu sur la soupe et demande d’enchaîner pas mal d’actions pas forcément logiques ou amenées de manière naturelle…
The Adventures of Elliot est un jeu qui, à l’instar des précédents titres de la Team Asano, cherche à surfer sur la nostalgie. Si ça fonctionnait plus ou moins jusqu’ici, Elliot se rate complètement et passe à côté de ce qui faisait le charme et l’intérêt de ces grands jeux d’aventure, Zelda en tête. Recyclage à l’excès, écriture plate, gameplay en service minimum… il n’y a finalement pas grand-chose qui justifie les 70€ demandés pour s’ennuyer.
The Adventures of Elliot : nostalgique ou paresseux ?

