Lorsqu’une licence rencontre le succès, il n’est pas rare qu’elle ait le droit à quelques adaptations, plus ou moins fidèles, sous d’autres formes. Romans, films, séries… Final Fantasy ne déroge pas à la règle. Petit tour d’horizon des œuvres tirées des six premiers épisodes.

 

Crystal Inheritance Legend et Light be upon the Brave! – 1987 et 1988

 

Deux livres dont vous êtes le héros adaptés de Final Fantasy sont sortis au Japon. Le premier, écrit par Osamu Mihara et Naoko Uehara, est publié en décembre 1987 au sein de la série Adventure Heroes sous le nom Crystal Inheritance Legend (La Légende de la succession du Cristal). L’histoire se déroule avant le jeu et on y suit les aventures d’un jeune homme désigné comme étant un Guerrier de la Lumière par le Cristal de l’eau. Toutefois, malgré un âpre combat et le sacrifice de l’héroïne rencontrée en cours de route, le Chaos ne sera pas totalement vaincu. Il reviendra alors à la génération suivante – c’est-à-dire les Guerriers de la Lumière que l’on incarne dans le premier Final Fantasy – de terminer ce qui a été commencé. Bien entendu, cet ouvrage ne sera pas considéré comme canon par la suite.

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

 

Le second livre, écrit par Inoue Naomi, est publié le 25 avril 1988 dans la série Adventure Game Book. Light be upon the Brave! – que l’on pourrait traduire par Que la Lumière soit sur les Braves ! – est lui aussi une préquelle. L’histoire se déroule au sein d’un monde différent par rapport à celui du jeu, les terres et mers étant inversées. Nous y suivons quatre Guerriers de la Lumière (Toy, Rom, Marek et Gear) élus par la Prêtresse de la Lumière pour combattre l’Évêque des Ténèbres. À noter que l’illustration de couverture est réalisée par Izubuchi Yutaka.

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

 

Jamais traduits en dehors du Japon, ces deux ouvrages sont encore trouvables à prix d’or sur certains sites d’enchères. Malheureusement, leur rareté ne fera qu’augmenter au fil des ans…

 

Journey to Victory, Battle to the Death with Count Borghen! et Treasure Dragon – 1988 et 1989

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Journey to Victory

Pour accompagner la sortie de Final Fantasy II, trois nouveaux livres dont vous êtes le héros sont publiés. Le premier, intitulé Journey to Victory ou Voyage vers la Victoire, sort le même mois que le jeu au sein de la collection Famimaga Gamebook. Son intrigue se déroule en parallèle de celle de Firion et son groupe. Nous y suivons Mid, un jeune homme de Gatrea, qui cherche à rejoindre les Rebelles pour combattre l’Empire. À noter que ce Mid n’a aucun lien avec Cid contrairement aux multiples autres personnages qui porteront ce nom dans les futurs jeux de la licence.

 

 

 

 

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Dragon Treasures

Final Fantasy II Dragon Treasures, ou les Trésors du Dragon, est publié dans la série Adventure Game Book en Décembre 1988. On y suit la princesse Marie de Fynn – un personnage inédit, mélange de Maria et Hilda – qui parcourt le monde pour vaincre l’Empereur. En chemin, nous croiserons Firion, Guy et une version bien plus âgée de Minnwu. Écrit par Naomi Inoue, le scénario diffère beaucoup de celui du jeu de base tout en gardant quelques éléments en commun dont certains ennemis.

 

 

 

 

 

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Battle to the Death with Count Borghen!

Le troisième livre, Battle to the Death with Count Borghen! (Combat jusqu’à la Mort contre le Capitaine Borghen!), sort en janvier 1989 dans la collection Fantasy Game Book et a pour auteurs Kosaka Ryuji et Fukuda Hiroyuki. L’histoire reprend plus ou moins la trame du jeu tout en s’autorisant quelques libertés. Ainsi, Firion et ses amis sont tués au début de l’aventure par Borghen et seront ressuscités par Minnwu et Hilda. Malheureusement, Léon sera le seul à ne pouvoir être ramené à la vie. Comme le laisse entendre le titre, Borghen tient un rôle bien plus important ici et fait office de véritable menace grâce à sa puissante magie et son talent à l’épée. Tout le contraire de sa version vidéoludique donc !

 

 

 

 

Final Fantasy II Muma no Meikyu – Avril 1989

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Muma no Meikyu

Suite à la sortie de Final Fantasy II en 1988, Kenji Terada, scénariste de cet épisode, s’est attelé à l’écriture d’un roman reprenant l’histoire du jeu tout en effectuant plusieurs modifications – faisant de ce roman une œuvre non canonique. Appelé Final Fantasy II Muma no Meikyu, que l’on pourrait par « Le Labyrinthe des Cauchemars », ce roman est publié par Kadokawa Shoten et ne quittera pas les frontières japonaises.

 

 

Séparé en plusieurs parties, le scénario débute avant les événements du jeu. On y découvre nos jeunes héros alors en pleine préparation d’un festival un peu particulier où les jeunes filles du village doivent se procurer une hache en pierre qu’elles remettront à l’homme qui parviendra à atteindre le sommet d’une montagne, faisant de ce dernier leur mari. Alors que Firion est invité à gravir la montagne par Elma, une amie d’enfance, Maria se découvre des sentiments pour le jeune homme. De son côté, Léon, qui n’a toujours pas digéré le départ de sa fiancée qui l’a quitté pour un autre, semble succomber de plus en plus à sa colère… Les choses prendront une tournure dramatique suite à l’apparition d’une étrange silhouette encapuchonnée. Cette dernière encouragera Léon de céder aux ténèbres – ce qu’il fera en tuant son chien, Perry, à coups de couteau – puis prendra possession d’Elma, obligeant Firion à la tuer. Ce n’est qu’après ces funestes événements que l’Empereur de Palamecia, ici nommé Mateus, ne lancera son invasion.

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

Dès les premiers chapitres, on sent que Kenji Terada a cherché à étoffer son univers et ses personnages. Si Maria, Firion et Léon se voient offrir une personnalité plus marquée et un passé, c’est Guy qui s’en sort le mieux. Élevé par des monstres pendant une dizaine d’années, il comprend désormais leur langage et s’avéra d’une aide précieuse tout au long de l’ouvrage. C’est d’ailleurs lui qui communiquera avec les dragons, Ricard étant absent du roman. Le ton général de l’histoire est bien plus sombre que dans le jeu et la mort est y est omniprésente. Mais les plus gros ajouts concernent principalement l’Empereur.

 

En plus de son nom, nous apprenons ici que le royaume de Palamecia est maudit, chaque nouvel empereur étant corrompu par Satan lui-même. Le diable, emprisonné dans la « Pierre d’Iluda », désire étendre son règne sur le monde des humains et se sert de ses pouvoirs pour empoisonner l’esprit de ses victimes. Le précédent Empereur, père de Mateus, était immunisé contre l’influence de Satan mais succomba d’une crise cardiaque provoquée par le démon. Une fois monté sur le trône, son fils fut manipulé par le diable qui effaça de sa mémoire les souvenirs de sa mère, Aile. Cette dernière fut donc bannie dans le désert où elle finit par rencontrer Minwu. Ensemble, ils se mirent en quête d’un cristal capable de purifier le monde de l’influence de Satan en détruisant la Pierre d’Iluda.

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

Outre ce passé étoffé, Kenji Terada procède à d’autres changements plus ou moins importants. Josef, Cid et Ricard n’existent pas, Borghen est un puissant mage noir de Mysidia et toute la partie liée à Ultima est supprimée, Minwu reste donc en vie. Mateus est également dépeint comme ayant des sentiments pour Hilda, du moins des désirs, puisqu’il tente de la charmer après l’avoir kidnappée. La fin est également modifiée. Après avoir retrouvé Hilda, les héros tuent Mateus et détruisent la Pierre d’Iluda à l’aide du cristal trouvé par Aile et Minwu. Le roman se termine sur Maria et Firion s’avouant leur amour.

 

Bien que différent du matériau d’origine, Final Fantasy II Muma no Meikyu reste une œuvre intéressante apportant de nombreuses précisions sur le monde et les personnages au prix de quelques modifications mineures. Il est également illustré par Yoshitaka Amano qui nous gratifie de quelques œuvres inédites. Malheureusement jamais traduit de manière officielle, quelques fans anglophones se sont attelés à la tâche et des chapitres en anglais circulent sur internet, notamment à cette adresse :

 

https://ffii-book.tumblr.com/post/168825057316/ffii-labyrinth-of-nightmares-part-one-prelude-to

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

Manga Final Fantasy – Décembre 1989

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Final Fantasy par Yuu Kaimeiji

Le 30 décembre 1989, une adaptation du premier épisode sort au format manga sous le nom Final Fantasy. Scénarisé et dessiné par Yuu Kaimeiji, il est publié par JICC Publishing Bureau. Oscillant entre action et humour, il s’agit d’une relecture assez libre du scénario original.

 

L’histoire s’ouvre sur une séquence à bord d’une station spatiale que l’on comprend appartenir aux Luféniens. À bord, un vieil homme prédit de grands troubles pour l’avenir mais espère que la prophétie des Guerriers de la Lumière pourra sauver le monde. On se retrouve ensuite en plein combat contre des hommes-lézards. L’occasion de découvrir Puffy Tolte, une épéiste Elfe, héroïne du récit et l’un des quatre élus. Plus jeune, elle fut aspirée dans une autre dimension où elle se vit confier la mission de sauver le monde par le Cercle des Anciens. Après quoi, elle sera téléportée dans une version alternative de son monde d’origine. Le multivers avant que Marvel ne le popularise !

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Bahamut, le Guerrier de la Lumière équipé de ses canons lasers.

La prophétie annonçant quatre Guerriers, Puffy est accompagnée d’une enfant mage rouge appelée Matoya, qui prétend avoir en fait une centaine d’années et sert principalement de ressort comique, puis rencontrera rapidement un ancien moine du nom de Flitz Stewart. Une ancienne profession qui n’est là que pour accentuer certaines blagues, le jeune homme draguant toutes les femmes qu’il rencontre et se battant à l’épée. Ensemble, ils vont délivrer la princesse Sarah des griffes de Garland – qui se voit affublé du prénom Red – puis partiront en quête des Démons Élémentaires. Globalement, le déroulé reste donc identique même si quelques changements sont à noter. Ainsi, Sarah et Bikke accompagnent le groupe dans leurs aventures tandis que les Démons sont tous humanisés. Mais le changement le plus étonnant reste Bahamut qui, s’il garde son titre de Roi des Dragons, s’avère être le dernier Guerrier de la Lumière !

 

Bien que non dénué de défauts, notamment un développement des personnages trop léger ou des fins de chapitres abruptes, Final Fantasy se lit sans déplaisir grâce à un style visuel agréable et une bonne alternance entre combats et séquences d’humour. Une œuvre qui vaut le détour et qui a bénéficié d’une très bonne traduction anglaise par trafalgarlog, un internaute motivé, qui l’a publié en libre accès ici :

 

https://mangadex.org/title/1d669892-6889-4f5b-b93c-529ca32b6ed5/final-fantasy

 

Manga Final Fantasy II – Annulé

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Le volume 1 de Fantasyland.

Après avoir terminé son adaptation du premier jeu, Yuu Kaimeiji s’est attelé à une relecture du second opus. Publié dans le magazine Fantasyland, dérivé du Famicom Hisshoubon, et toujours édité par JICC, ce nouveau manga sera toutefois annulé après une soixantaine de pages par Square. Si l’on ne connaît pas la raison exacte, il est probable que des divergences créatives en soient la cause. En effet, Kaimeiji avait décidé de supprimer le personnage de Guy et de le remplacer par… sa version de Matoya tirée de son manga précédent, faisant de la petite sorcière un personnage voyageant entre les mondes. L’histoire débutait sur le recrutement de Leila dans l’équipe et se poursuivait jusqu’au combat contre Gottos sans oublier de représenter la fameuse séquence où Firion se fait charmer par Lamia.

 

 

 

 

Déjà rare à l’époque, se procurer un exemplaire de Fantasyland semble aujourd’hui quasiment impossible pour le commun des mortels. Reste quelques photos pour se consoler…

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

 

Yūkyū no Kaze Densetsu: Final Fantasy III Yori – 1991

 

Yūkyū no Kaze Densetsu: Final Fantasy III Yori, ou La Légende du Vent Éternel en français, est un manga écrit par Kenji Terada avec Yuu Kinutani au dessin. D’abord publié sous forme de chapitres dans le magazine Maru Katsu Famicom, édité par Kadokawa Shoten, il sortira ensuite en trois tomes reliés toujours chez le même éditeur. Là encore, l’œuvre ne sera jamais traduite officiellement et restera une exclusivité japonaise.

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

À l’instar du roman dédié à Final Fantasy II, ce manga apporte son lot de modifications par rapport au jeu dont il est tiré. Si la trame globale reste plus ou moins inchangée, certains événements sont modifiés quand d’autres sont tout simplement supprimés. Ici, Xande est le véritable grand méchant, le Nuage des Ténèbres étant totalement absent. Le manga passe également sous silence certains arcs et donjons pour mettre l’accent sur les événements les plus marquants comme le sauvetage de Sara ou le château de Hein. Au rang des ajouts, les Guerriers de la Lumière ont désormais un nom : Muuchi, Doug, J. Bowie et Melfi, la seule fille du groupe.

 

En termes de changements, on découvre avec amusement que les chocobos adoptent leur apparence d’autruches sans plumes telle qu’imaginée à l’origine par Yoshitaka Amano. Les héros sont également confrontés à Ifrit et Shiva, ici des lieutenants d’Hein. Shiva qui est d’ailleurs, pour la première fois dans la saga, de sexe masculin. Quant à Doga et Unéi, ils ont le droit à un rajeunissement assez extrême !

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

 

Tout comme pour Final Fantasy II, Kenji Terada profite de cette œuvre littéraire pour approfondir son scénario mais surtout l’expurger de toutes les séquences et contraintes lié au média vidéoludique. Point de héros anonymes ou de donjons de remplissage ici, on se concentre sur l’essentiel. Peut-être même un peu trop puisque d’énormes portions du jeu ont été exclues. Des coupes qui laissent même penser à une hypothétique annulation du manga, ce qui expliquerait son final quelque peu hâtif. La lecture est également entachée par un manque de cohérence global, les scènes s’enchaînant parfois sans réel lien entre elles. Néanmoins, ce manga reste une œuvre intéressante, ne serait-ce que pour les magnifiques illustrations de Yuu Kitani. Aucune traduction complète n’existe à ce jour mais il est possible de jeter un œil à la version japonaise ici :

 

https://archive.org/details/YukyunoKazeDensetsuFinalFantasyIIIYori/Legend%20of%20the%20Eternal%20Wind%20from%20Final%20Fantasy%20III%2001/mode/2up

 

Manga Final Fantasy IV – 1992

 

Tout comme les épisodes I et III, Final Fantasy IV a eu le droit à un passage par la case manga. Toutefois, très peu d’éléments subsistent de cette époque et seules restes quelques images et informations. La première adaptation consiste en quelques pages réalisées par Takashi Nogouchi pour le magazine V-JUMP sorti le 22 novembre 1992. N’ayant d’autre but que de promouvoir la sortie du jeu, il ne s’agit que d’une mise en bouche servant à attiser la curiosité des joueurs. Toutefois, le style graphique et les couleurs pastel sont du plus bel effet. Vous pouvez admirer les neuf pages juste en-dessous.

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

 

Il semblerait qu’il existe une seconde adaptation en manga. Cette fois-ci en noir et blanc et reprenant l’introduction du jeu, elle aurait été publiée dans un autre magazine de l’époque. Malheureusement, hormis ces quelques informations, impossible d’en savoir plus…

 

Comics Final Fantasy IV – Annulé

 

En 1990, alors que Disney est déjà un géant du cinéma d’animation, la société décide de renforcer sa présence dans le monde du comics (le nom donné aux BD américaines dont les fers de lance sont Marvel et DC Comics) et lance Disney Comics qui a pour objectif de recentraliser au sein de la maison mère la plupart des œuvres jusqu’alors publié via d’autres labels externes. Toutefois, la compagnie aux grandes oreilles ne s’arrête pas là et démultiplie les nouveaux labels parmi lesquels Hollywood Comics qui avait pour ambitionner d’adapter les films produits par Hollywood Pictures.

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
La couverture de ce qui devait être le premier tome. difficile de reconnaître nos héros.

En parallèle de tout cela, Square, toujours désireux de conquérir l’Amérique du Nord, a dans l’idée de proposer une série de comics, un produit typiquement américain, pour réussir à vendre sa série à l’Oncle Sam. Le projet atterrit entre les mains d’Hollywood Comics qui charge Kurt Busiek (qui se fera connaître pour l’excellent Marvels avec Alex Ross) de l’écriture. L’homme se met au travail et imagine un scénario inspiré par le premier jeu – le seul sorti en Amérique du Nord à l’époque. Toutefois, Square lui demande de revoir sa copie. Final Fantasy IV devant sortir durant l’année 1991, un comics serait un excellent moyen de promouvoir ce futur jeu. Square laisse carte blanche à Busiek pour réadapter le scénario et l’univers au public américain, autorisant même l’auteur à renommer certains personnages comme Cid qui devient… Lord Blast. Les illustrations sont confiées à Dell Barras tandis que Mike Mignola (le futur créateur d’Hellboy) s’occupera des couvertures. Le projet avance bien et trois des quatre numéros prévus avaient été écrits alors que Barras avait fini de dessiner entièrement le premier tome. Malheureusement, les difficultés financières de Disney Comics, dues à une mauvaise gestion et une prolifération de labels, entraîneront la fermeture d’Hollywood Comics et l’abandon du projet Final Fantasy.

 

De cette aventure, il ne reste que quelques couvertures et illustrations. Kurt Busiek déclarera des années plus tard que l’annulation du projet était probablement une bonne chose tant le comics s’éloignait du matériau d’origine et aurait été très mal reçu par les fans. Quant à Disney Comics, tout disparaîtra en 1993. Un manque de direction clair et un trop grand nombre de labels différents mettra fin aux ambitions de Disney qui refera appel à Gladstone Publishing pour ses futures adaptations.

 

Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993
Les adaptations de Final Fantasy de 1987 à 1993

 

Final Fantasy Gaiden – 1993

 

Le cas de Final Fantasy Gaiden est un peu particulier puisqu’il ne s’agit pas d’une adaptation à proprement parler. Dans le cadre d’un concours organisé par l’éditeur Gakken au sein de son magazine Sixth Grade Study d’avril 1993, Hironobu Sakaguchi avait rédigé la première partie d’une nouvelle inspirée de Final Fantasy. Les lecteurs étaient ensuite invités à imaginer la suite de l’aventure et de nombreux prix étaient en jeu.

 

L’histoire narre la quête des Guerriers de la Lumière Meia, Wall, Locke et Wart pour restaurer l’éclat du Cristal Sacré et vaincre le démoniaque seigneur des ténèbres Zone. Alors que le Cristal se brise et qu’une horde de zombies envahit la ville, Meia part à la recherche de compagnons pour sauver le monde. La première partie se termine avec l’affrontement entre le groupe de héros et Gore, un général de Zone.

 

Afin d’aider les participants, Sakaguchi fournit divers conseils pour créer une histoire palpitante à suivre :

  • Penser à la fin : quel style de fin désirez-vous pour votre histoire ? Heureuse, tragique ou douce amère ?

  • Réfléchir aux scènes et à leur nombre : combats, entraînement, dialogues…

  • Ajouter du mystère à l’histoire : quelles sont les motivations du méchant ? Est-il lié à un membre de l’équipe ?

  • Ne pas négliger les objets et les techniques : potion, arme magique, super attaques… Tout ce qui fait le sel d’un bon RPG !

 

Grâce à ces précieux conseils, nombre d’auteurs amateurs se lancèrent dans l’écriture et c’est une élève en sixième année d’école primaire (l’équivalent de l’année de 6ème au collège chez nous) qui remportera le concours. Dans la suite imaginée par l’adolescente, les héros rencontrent Leah, une jeune fille portant un fragment de Cristal autour du cou. Ensemble, ils affrontent Zone mais ce dernier est trop puissant. Ce n’est que lorsque Leah se sacrifiera et se transforma en épée de lumière que le démon sera vaincu. Tout finira pour le mieux avec la résurrection de Leah grâce au pouvoir du Cristal.

 

Bien qu’assez éloigné des jeux, Final Fantasy Gaiden reste intéressant à aborder pour les divers enseignements de Hironobu Sakaguchi mais aussi comme preuve de la proximité entre les développeurs et leur public qui régnait à cette époque. Il s’agit tout de même du seul Final fantasy créé en collaboration avec les fans. Dernier point, la première partie de la nouvelle est illustrée par Akaishizawa Takashi tandis que Misuto Kasumi s’occupe de la deuxième.

 

Source : https://wikiwiki.jp

 

Ainsi se termine notre première excursion du côté des adaptations de notre licence favorite. Si nous avions surtout le droit à des ouvrages, les choses ne tarderont pas à changer avec Final Fantasy V