Cette semaine, nous avons eu le droit à un investisseur se plaignant de la gestion de Square Enix et à la cérémonie des Game Awards durant la quelle l’entreprise a brillé par son absence.
La stratégie de Square Enix remise en cause
Cette semaine, l’investisseur 3D Investment Partners a publié un long rapport d’une centaine de pages questionnant le management de Square Enix et la gestion de ses licences. Un document à charge qui a pour objectif de rallier d’autres investisseurs afin de faire pression sur l’entreprise pour qu’ils revoient leurs plans jugés « trop lents et peu efficaces ». Une méthode classique dans le milieu de la bourse que Takashi Kiryu, l’actuel PDG de Square Enix, pourrait simplement ignorer (même si 3D Investment Partners détient tout de même 14.36% des parts de la société).

Au milieu des tonnes de graphiques (auxquels on peut faire dire ce que l’on veut) et des extraits de commentaires négatifs provenant de Metacritic, il nous est révélé le coût de certains jeux de ces dernières années. Des chiffres à prendre avec de très grosses pincettes au vu de leur provenance (le cabinet Newzoo, connu pour être parfois très approximatif). Ainsi, Final Fantasy VII Remake aurait coûté 115 millions d’euros, Rebirth culminerait à 101 millions tandis que Forspoken fermerait le podium avec 75 millions. Final Fantasy XVI arriverait bien derrière avec « seulement » 50 millions d’euros. Dans l’attente d’une éventuelle confirmation de la part de Square Enix, il paraît futile de s’attarder outre mesure sur ces données qui – à l’image du reste des informations fournies dans ce rapport – ne semblent être là que pour provoquer une réaction chez les autres investisseurs. En l’état, cela ne servira qu’à alimenter les débats stériles des pseudo-analystes de comptoirs et autres éternels insatisfaits pullulant sur les réseaux… Et en parlant de tristes sires…
Square Enix, grand absent des Game Awards
Dans la nuit du 11 au 12 décembre ont eu lieu les Game Awards, la grande messe de Geoff Keighley où s’enchaînent World Premiere et remise de prix. Une cérémonie supposée célébrer une année de jeu vidéo mais qui se noie toujours plus sous les placements de produits, les discours aseptisés et ne met en lumière que ceux en capacité de payer leur place tout en passant sous silence les énormes difficultés que traverse le milieu. Mais bon, l’événement reste tout de même très suivi et fait office de rendez-vous à ne pas manquer pour quiconque veut mettre en avant ses futurs jeux. sauf que voilà : Square Enix n’y était pas cette année.

« Horreur, malheur ! C’en est fini de Square Enix !« , voilà en substance les premiers retours sur internet. Maintenant, si l’on se pose quelques instants, cette absence est parfaitement normale et même rassurante. Suite à l’arrivée de Takashi Kiryu à la tête de Square Enix, un virage a été amorcé : moins de quantité, plus de qualité et capitaliser sur les licences fortes du catalogue. Une stratégie visant à moins se disperser mais qui a eu pour conséquence l’annulation de plusieurs jeux en interne et probablement des retards sur d’autres titres pour satisfaire les nouvelles exigences. Forcément, cela se ressent sur le côté marketing qui est au point mort. Les annonces se comptent sur les doigts d’une main et certains jeux (Kingdom Hearts 4, Dragon Quest XII) se font toujours attendre. Partant de là, SE avait deux options. La première : faire comme avant et balancer des trailers beaucoup trop tôt juste pour maintenir une pseudo-hype quitte à décevoir des gens à l’arrivée. L’exemple le plus flagrant étant Final Fantasy XV qui a eu une première bande annonce en 2006 pour une sortie en 2016, mais on peut également citer Kingdom Hearts 3 (2013 – 2019) ou même Final Fantasy VII Remake (2015 – 2020). Des titres montrés bien trop tôt, alors même que rien n’était encore prêt.
Pour les 20 ans de la saga : un jeu mobile fermé, un second annulé et le quatrième opus en mode silence radio depuis…
L’autre possibilité, c’est d’appliquer la même méthode que Nintendo ou Capcom : montrer les jeux quand ils sont prêts quelques mois avant seulement. Cela implique une meilleure gestion des sorties afin d’assurer un roulement entre les jeux. Si l’on prend Capcom, qui fait figure de bon élève à ce niveau, nous avons eu une année dédiée à Monster Hunter Wilds puis, depuis juin 2025, un focus sur Resident Evil Requiem qui sortira en février 2026. En résulte une communication claire et une attente raisonnable pour les joueurs. Sauf que pour faire cela, il faut avoir des jeux quasi terminés ce qui n’est pas le cas pour Square Enix qui est quasiment reparti de zéro – ce qui explique l’année presque blanche avec quatre remakes seulement. Il faut donc laisser le temps à l’entreprise d’avancer sur ses projets et l’autoriser à ne pas balancer annonces et trailers à tort et à travers si le jeu ne sort pas avant cinq ans.
D’autant plus que les choses avancent plutôt bien en interne au vu des différentes interviews de Naoki Hamaguchi concernant la troisième partie de la trilogie Final Fantasy VII Remake ou les récents propos de Yuji Horii. Faisons donc confiance au nouveau plan de la firme. Si cela implique des jeux plus ambitieux, plus aboutis et de meilleure qualité, nous serons tous gagnants au final.

Et voilà pour cette nouvelle semaine de l’actu. On se retrouve la semaine prochaine pour votre revue hebdomadaire. N’hésitez pas à nous dire si ce format condensé vous plaît d’ailleurs !