Après un premier DLC consacré à Omega, Clive et ses amis rempilent pour une dernière aventure les menant sur les traces de Léviathan. Un ultime contenu qui s’avère dans la droite lignée du jeu de base. Peut-être un peu trop.

 

Conditions du test : Code fourni par Square Enix France. Quête principale réalisée en mode FF au niveau 87.

 

C’est pas l’émissaire qui prend la mer…

 

Tout comme le précédent, ce DLC ne sera accessible qu’une fois arrivé aux portes de l’affrontement final et sous condition d’avoir récupéré Jill et Joshua dans l’équipe. Clive recevra alors une mystérieuse lettre lui demandant de l’aide pour sauver l’émissaire de Léviathan. Un détour par Francastel plus tard, toute la troupe embarque pour Mysidia aux côtés de Suhra, nouvelle venue qui nous accompagnera tout au long de cette (courte) aventure.

 

 

Je suis personnellement resté sur ma faim avec ce DLC. Si l’absence de scénario autour d’Omega n’était pas vraiment un souci, j’en attendais plus de celui-ci qui nous présente un nouveau pays, ses habitants et son primordial de manière assez succincte. Au final, le tout tient sur un timbre poste et, même si deux-trois éléments comme la nature de l’émissaire sont originaux, force est de constater que c’est un peu mou et pas forcément palpitant. Un sentiment exacerbé par une mise en scène toujours aussi plate lors des dialogues et l’absence de moments véritablement grandiloquents. Pour ce qui est des quêtes annexes, on oscille entre le sympathique (les tomberries) et l’affreux (celles de la forge et de la boutique). Dans tous les cas, c’est toujours très classique d’un point de vue ludique mais elles amènent un peu de lore. Il faudra compter 3-4h pour boucler le scénario  (dont une dédiée au combat contre Léviathan, mais nous y reviendrons) et environ 2-3 de plus pour tout faire.

 

The Rising Tide : ultime virée

 

Je terminerai cette partie par un mot sur l’écriture globale. Toujours dans la continuité du jeu de base, c’est inutilement bavard et souvent maladroit. Je pense notamment aux justifications et explications entourant le statut de Léviathan et de ses pouvoirs. Mentions spéciales pour Joshua – qui ne cesse de nous expliquer ce qu’il faut comprendre de manière peu naturelle et lourdingue – et Jill. Ah Jill… Probablement le plus gros gâchis du jeu, elle se voit tout de même offrir ici quatre lignes de dialogue. Nous sommes loin des promesses faites par les développeurs arguant que le passé de la jeune femme serait exploré…

 

Beau à en pleurer

 

Mais si le scénario aurait mérité plus d’attention, on ne peut en revanche bouder notre plaisir devant les somptueux panoramas de Mysidia. Grâce à une pirouette scénaristique, l’affreux filtre violet déprimant laisse place à un splendide ciel bleu nous rappelant que FF XVI est vraiment beau dans ses décors. Jungle luxuriante, cascades magnifiques, ruines perdues… C’est un ravissement pour les yeux. Mention spéciale pour l’immense vague figée qui vous décrochera probablement un « Wow » admiratif. À l’image d’Echoes of the Fallen, The Rising Tide se souvient qu’il a le droit de nous montrer de la magie et de la fantaisie ce qui fait forcément plaisir. Même si j’ai une préférence pour la Tour des Sages, Mysidia est véritablement magnifique.

 

The Rising Tide : ultime virée
The Rising Tide : ultime virée
The Rising Tide : ultime virée
The Rising Tide : ultime virée

(Merci à Azerpy pour les screenshots)

 

En revanche, petite déception pour le bestiaire qui se montre très avare en nouveautés. Tout n’est que réutilisations et changements de couleurs et c’est avec un soupir de lassitude que l’on tape des araignées, des flans ou des cœurls . Les seuls ajouts sont une sorte d’élémentaire d’eau et le tomberry. Bénéficiant d’un design plus sombre et mature pour coller au ton du jeu, les tomberries sont malheureusement assez… nuls. Les spécimens de base se font balayer en quelques coups et nous sommes bien loin du stress que peuvent provoquer ceux des autres épisodes avec leurs attaques mortelles. Fort heureusement, les versions plus puissantes – notamment une cible de chasse – offrent un challenge amusant. D’autant plus que Clive obtient de nouveaux pouvoirs liés à l’eau. Essentiellement tournés vers le combat à distance, les capacités de Léviathan sont puissantes et se révèlent particulièrement fun avec un système de recharge parfaite – permettant de tirer à l’infini pendant un court instant – et des doubles esquives. Un nouvel arsenal qui ne sera pas de trop pour défaire les trois boss rencontrés à Mysidia.

 

The Rising Tide : ultime virée

 

J’ai bu la tasse

 

Si le premier boss s’avère sans intérêt, car déjà affronté plusieurs fois dans l’aventure principale, les deux suivants sont bien plus intéressants. Le boss final du seul donjon présent possède des patterns extrêmement impressionnants, à la hauteur de son design très réussi, et alterne les mécaniques à un rythme effréné pour finir par un déluge de techniques particulièrement fun. Le challenge, plus relevé qu’à l’accoutumée, est plaisant et l’on regrettera juste que l’affrontement n’ait pas le droit à son propre morceau musical. Dans tous les cas, il s’agit assurément de mon boss préféré de l’extension et l’un des meilleurs du jeu. Puis vient le point d’orgue de cette aventure : Léviathan.

 

The Rising Tide : ultime virée

 

Le Primordial de l’eau, à l’image de ses comparses, sera affronté sous forme d’Ifrit. Moins épique que les autres, il est en revanche plus technique. Les attaques de Léviathan inondent l’écran de projectiles, tsunamis et autres tourbillons dans une chorégraphie parfois difficile à lire. Le droit à l’erreur (en mode Fantaisie Finale) est minime mais l’intensité du duel en vaut le coup. Sauf que… En plein milieu du combat, les développeurs ont jugé pertinent d’implémenter un DPS-check. Cette mécanique, si chère à FF XIV, vous oblige à réaliser un certain montant de dégâts en un laps de temps limité sous peine de Game Over. Si c’est quelque chose d’assez classique, c’est ici exécuté de manière maladroite pour instiller une fausse difficulté. Le timing est très exigeant, les possibilités d’Ifrit plus que limitées et là ou le combat contre Omega permettait une certaine liberté dans l’ajustement de notre équipement, ici tout le monde est logé à la même enseigne. Je ne peux que me questionner sur l’étrange décision des équipes du jeu d’imposer ce genre de phase demandant de maîtriser le gameplay d’Ifrit sur le bout des doigts dans un jeu extrêmement accessible le reste du temps… Résultat, les joueurs passent en moyenne une heure ou deux sur cette phase. À titre personnel, mes dix essais ont  totalement cassé mon appréciation du combat.

 

 

FF XVI Roguelite Edition

 

En terminant la quête principale de Mysidia, et après avoir touché la stèle d’excellence, Clive débloquera deux choses : une surprise que je vous laisse apprécier et le portail de Kairos. Il s’agit d’un nouveau mode de jeu dans lequel vous devrez survivre à des vagues d’ennemis successives. Selon votre manière de jouer, vous ferez grimper une jauge de score ce qui vous octroiera des points afin d’acheter diverses améliorations de statistiques. Amusant sur le papier, c’est finalement inutilement surchargé d’options pas réellement impactantes. À cela s’ajoute une certaine redondance – les combats seront toujours les mêmes dans le même ordre – un système de score qui oblige à jouer d’une certaine manière pour obtenir le rang S et un manque de récompenses intéressantes. Au final, ce portail est à réserver aux joueurs désirant pousser un peu plus le système de jeu mais ne saura captiver les autres.

 

En adoptant une structure plus classique, The Rising Tide retombe dans les mêmes travers que le jeu de base. Le rythme est assez mollasson, l’écriture pas toujours des plus réussies, mais en contrepartie, c’est visuellement magnifique et les combats sont intenses. En définitive, s’ils ne réconciliera pas les détracteurs de cet épisode, il saura ravir les fans de Clive, Jill et Joshua. Et finalement, que demander de plus d’un DLC ?