Annoncé en mai 2020, Infinity Strash : Dragon Quest, The Adventure of Dai peinait à trouver sa date de sortie. C’est finalement à l’occasion du 37è anniversaire de la licence Dragon Quest que le voile fut levé : nous pouvons désormais jouer au jeu depuis le 28 septembre 2023. Très attendu par les fans de Dragon Quest et plus particulièrement du manga du même nom, Square Enix aura-t-il comblé le cœur des fans, ou à défaut, donné le goût de la découverte du titre aux néophytes ? 

 

Avant de répondre à ces questions, posons-nous d’abord sur l’histoire et le contexte de l’œuvre dans ses grandes lignes. Originellement, La Quête de Daï s’avère être un manga qui a été popularisé au début des années 90, scénarisé par Riku Sanjō et dessiné par Kōji Inada. Son succès a été tel que le manga a très vite été adapté en anime. En France, les fans de la première heure l’auront connu sous le nom de Fly et auront pu visionner pas moins de 46 épisodes via le Club Dorothée, mais ceux-ci n’ont couvert que neuf tomes du manga et une partie du dixième. 

 

Du côté du manga, il sera passé entre d’autres mains pour des rééditions mais du côté de l’anime, il aura fallu attendre une trentaine d’années pour qu’il soit réadapté et diffusé cette fois dans son intégralité – et avec les noms originaux. Dragon Quest : The Adventure of Dai (Dai no Daibuken en version japonaise) sera alors disponible – et l’est toujours – pour nous via la plateforme Crunchyroll et comptera un total de 100 épisodes diffusés entre octobre 2020 et octobre 2022. Au plus grand bonheur des fans de l’époque ou des petits curieux qui souhaitaient découvrir ce shônen très populaire au Japon, dans son entièreté cette fois. 

 

N’ayant pas connu le manga à son époque phare, j’ai cependant regardé l’intégralité de l’anime et il était alors assez naturel pour moi d’avoir la curiosité de découvrir cette œuvre, adaptée au format du jeu vidéo cette fois. Néanmoins les premières heures, que dis-je, minutes de jeu ont suffi à me frapper et une seule question me taraude alors l’esprit depuis le début de mon aventure jusqu’à sa fin : 

 

Mais à qui donc s’adresse le jeu ? 

 

Le test a été effectué en mode Normal du jeu, avec une clé Steam offerte par Square Enix, merci à eux ! 

 

Infinity Strash ou Infinity Trash ? 

 

Petit synopsis de l’histoire d’abord : 

Il y a une quinzaine d’années, l’armée du mal et à sa tête Hadlar, ont été vaincus par le grand héros Avan. Daï est un jeune garçon orphelin qui vit sur l’île de Dermline, élevé par son grand-père adoptif Brass, un monstre gentil – comme l’intégralité des habitants des lieux, d’ailleurs. Le jeune garçon rêve d’aventure et d’héroïsme, n’est d’ailleurs pas très doué pour la magie (au grand dam de son grand-père) et possède un mystérieux pouvoir… 

 

Son entraînement débutera avec Maître Avan le grand héros peu après sa rencontre avec la princesse Léona, un entraînement qu’il exécutera en compagnie de Popp, un jeune garçon doué pour la magie, et qui deviendra plus tard son compagnon de voyage mais également son premier ami – du moins, le premier humain. Leur pratique est coupée court toutefois lorsque l’Empereur du Mal refait surface et que Hadlar vient s’attaquer à leur île paradisiaque … Avan se voit alors contraint en bout de ligne de sacrifier sa propre vie pour protéger ce doux refuge et renvoyer Hadlar auprès de son maître, laissant ses disciples livrés à eux-mêmes pour la suite de leur périple. 

 

Daï ne perd pas de vue son objectif de devenir un héros, mais est désormais motivé à entreprendre son aventure avec Popp, dans le but premier de venger la mort de leur maître et d’exterminer l’Empereur du Mal et son armée de la surface de la planète. 

 

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Daï Dermline

 

C’est tout du moins comme ça que le manga et l’anime commencent. Pour le jeu, en guise de teasing mais également de tutoriel, le jeu commencera en combat avec Daï se mesurant à Baran – le légat de la légion des dragons dans l’armée du mal, du moins pour les nouveaux joueurs, les vrais savent. Coup de génie ou coup de travers, même en tant que connaisseuse de l’œuvre, je ne saurais pas dire aujourd’hui encore si le tutoriel à lui-seul en dit trop ou pas assez étant donné que la scène en question est censée faire partie d’un des plus gros plot twist de l’œuvre originale. 

 

Mais passons ce point. Je ne vous apprendrai rien sur la difficulté et le vrai casse-tête des développeurs – de façon générale – lorsqu’il s’agit d’adapter un manga/anime au format du jeu vidéo. De nombreuses autres œuvres connues y sont passées (Naruto, One Piece, etc.). Il faut déjà savoir à quel public le gameplay va s’adresser mais également la narration du scénario : va-t-on rendre hommage aux lecteurs du manga ? Aux spectateurs de l’anime ? Va-t-on couper certaines scènes ou à l’inverse se permettre des écarts sur certains arcs narratifs ? Dans le cas d’Infinity Strash, on peut lui laisser que l’histoire du jeu suit assez fidèlement les écrits. Je n’ai vu qu’un seul réel écart – justifié d’ailleurs – mais le reste du scénario est trait pour trait ce qu’il se passe, en tout cas dans l’anime de 2020. 

 

Cependant … Il y a une bête noire dans la narration du scénario qui vous piquera du nez dès lors que le jeu commencera réellement. À la suite du tutoriel, Baran efface la mémoire de notre jeune Daï et il faudra donc retracer toute son histoire pour qu’il recouvre ses souvenirs oubliés. Le scénario commence alors là où le synopsis le décrit … et là, ça a été pour moi la surprise du siècle, et clairement pas dans le bon sens du terme. En effet, l’histoire vous sera racontée avec des diaporamas tirés de l’anime de 2020 (voir la première image) avec un doublage par-dessus, et quelques animations qui passent finalement inaperçues. Un choix discutable des développeurs qui voulaient sûrement donner un faux effet de « lecture du manga », mais l’absence de dynamisme et de « vivant » dans les cinématiques endort finalement plus le joueur qu’autre chose. On pourrait presque qualifier ça de fainéantise si l’on a envie d’être crus sur la question, après tout, quitte à prendre des scènes tirées de l’anime, pourquoi ne pas proposer des séquences entières des moments importants voire clés de ce dernier en rajoutant un contexte de la part du narrateur en début de cinématique ?  

 

Il existera bien des cinématiques classiques faisant tourner le moteur du jeu, ses personnages 3D et leurs animations pour des combats entre deux ou plusieurs personnages. Malheureusement, elles seront trop peu nombreuses (et à titre personnel, d’assez mauvaise qualité pour l’époque) pour rattraper le calvaire des « diaporamas » qu’il faudra suivre dans les différents modes que le jeu propose.  

 

cinématique Daï

 

En effet je ne l’ai pas encore abordé mais l’histoire se poursuivra sous forme de sept grands chapitres, via une mappemonde qui vous proposera des sous-chapitres d’histoire – en résumé, des pavés de diaporamas à suivre pendant cinq bonnes minutes pour chacune – des chapitres de « combat » où vous vous taperez quelques minutes de diaporamas avant ou après la(les) bataille(s). Et des sous-chapitres dits « bonus » pour compléter ou rallonger l’histoire principale mais qui au final ne sont que des bashing de monstres et n’apportent finalement rien du tout au jeu. 

 

J’en reviens donc à ma question posée au tout début de l’article au sujet du public visé et la réponse va être aussi vague que déconcertante concernant le scénario : le jeu ne s’adresse certainement pas aux fans de l’œuvre originale qui auraient voulu y voir une sorte d’hommage, mais encore moins aux amateurs qui souhaiteraient découvrir Daï et son périple par le biais du jeu. C’est même, d’un point de vue totalement subjectif de ma part, une erreur fatale d’essayer de découvrir cette œuvre par sa version vidéoludique. Le déroulement des scènes y sera beaucoup trop pénible pour prêter l’attention qu’elle mérite en réalité. 

 

De plus, notez qu’Infinity Strash ne couvre pas l’intégralité de l’œuvre originale. Je n’ai plus le chiffre exact en tête mais de mémoire, de ce que j’ai vu, le jeu englobe environ la moitié des épisodes de l’anime de 2020. 

 

La meilleure attaque, c’est la défense 

 

Passons au gameplay pur du jeu maintenant. Car si l’histoire et les cinématiques sont une partie du cœur qui forme Infinity Strash, l’autre partie s’axe essentiellement sur le combat : nous sommes dans un jeu d’action ! Dans l’œuvre originale, Les Aventures de Daï offrent moults batailles avec des scènes typiques d’un véritable shônen, il coule alors de source qu’il s’agit d’occasions toutes tracées pour les adapter sous forme de jeu vidéo en poussant le joueur à vivre véritablement ces combats. 

 

Pour un jeu d’action, le jeu garde cette âme de RPG. Vous pourrez avoir jusqu’à quatre personnages sur le champ de bataille avec chacun ses spécificités, ses forces, et bien sûr, ses faiblesses. En cours de combat, vous pourrez changer à volonté le personnage que vous souhaitez contrôler : pendant ce temps, les autres seront contrôlés par l’IA du jeu et ne resteront pas passifs. Ainsi vous pourrez adapter votre bataille en fonction, du personnage que vous avez envie de jouer, mais aussi selon le déroulement du combat et les actions spéciales que vous devrez activer manuellement. Comme dit juste avant, chaque personnage possède son propre gameplay, à vous de choisir ce qui vous sied le plus et ce dont vous avez besoin à l’instant T : 

 

  • Daï est le combattant pur alliant attaque de mêlée et magie. Sa capacité lui permet d’exploiter le potentiel de son pouvoir et de renforcer ses statistiques temporairement.
  • Popp est le « mage noir » par définition : faible défense et peu de vie qui l’obligeront à ne pas aller dans la mêlée, malgré une puissance magique indétrônable par rapport à ses camarades.
  • Maam est le soutien pur de l’équipe, du moins pendant une bonne partie du jeu, son rôle changeant au cours du jeu (je n’en dis pas plus pour éviter du spoil !).
  • Hyunckel est, de son côté, ce que l’on pourrait appeler un « chevalier noir ». Attaque et défense sont ses compétences et pièces maîtresses en plus de maîtriser les arts obscurs. Sa capacité spéciale lui permet de revêtir une armure qui le protège considérablement de la magie.

 

Combat Daï

 

Infinity Strash : Dragon Quest, Les (Més)aventures de Daï 
Infinity Strash : Dragon Quest, Les (Més)aventures de Daï 
Infinity Strash : Dragon Quest, Les (Més)aventures de Daï 

 

Si sur papier, une telle équipe promet une polyvalence pendant les batailles de l’histoire, il n’en est rien car nous sommes forcés de constater que le gameplay présente une certaine redondance et l’on se retrouve à finalement switcher et à faire la même chose en permanence. Si vous voulez vous attaquer à de « vrais » défis, il faudra alors passer par le Sanctuaire qui vous proposera de plus amples challenges, mais j’y reviendrai plus tard. 

 

Revenons à nos chocobos, me dira-t-on mais alors, où est le rapport avec le titre de cette section ? Et bien si tout ce que j’ai décrit dans ce joli petit monde peut déjà faire dire à certains « mais c’est pas si mal tout ça », il faut savoir que le déroulement des combats ne reposera pas uniquement (même pas du tout en réalité) sur votre capacité à maîtriser le kit de compétences de tous les personnages. Si pour vous, jeu d’action = taper sur tout ce qui bouge, ce ne sera pas tout à fait vrai pour Infinity Strash.  

 

À chaque fois que vous lancerez un chapitre de combat, un « coffre de Léona » vous sera fourni pour la totalité de la bataille. Il s’agit basiquement de plusieurs objets à disposition pour vous soutenir : des items pour renforcer votre force, votre magie, ou encore des herbes médicinales pour vous rendre un peu de PV (généralement vous en aurez trois pour toute la bataille). 

 

Daï Soin
Daï utilisant une Herbe Médicinale fournie dans le Coffre de Léona

 

Malheureusement selon votre capacité à vous défendre ou à jongler sur ce type de gameplay, ces items seront inutiles ou à l’inverse pas assez nombreux pour contrecarrer les dégâts que vous encaisserez. Et oui, vos adversaires font mal, et vous allez vite le constater. Il va vous falloir apprendre à maîtriser très rapidement les parades et les esquives parfaites pour pouvoir contre-attaquer et renverser vos ennemis, et autant le dire, certains timings sont très rapides et par conséquent assez serrés. Un échec équivaudra à de lourdes conséquences puisque vous subirez un certain montant de dégâts et aucun marqueur visuel ne vous aidera à définir les bons moments pour vous défendre et agir. 

 

Ainsi votre but sera de contrecarrer les assauts de vos ennemis tout en les attaquant pour mettre à zéro une jauge et les mettre en état de « choc » : les rendant ainsi vulnérables quelques secondes puisqu’ils seront étourdis. Puis leur jauge remontera à 100% et rebelotte jusqu’à la fin de la bataille – vous comprendrez donc mon impression de répétition et redondance. 

 

Alors, à qui s’adresse le jeu côté combat ? Et bien ici encore, certainement pas aux néophytes du genre qui peineront à trop réfléchir sur les parades et les esquives, qui subiront trop de dégâts et qui devront passer leur vie à switcher de personnage. Et encore moins aux amateurs et habitués du genre qui n’y prendront aucun plaisir puisqu’une fois le gameplay en main, aucun réel obstacle ou difficultés ne se dresseront devant eux. 

 

Souvenirs, souvenirs … 

 

Et la quête des souvenirs perdus de Daï dans Infinity Strash ne se résume pas qu’à suivre l’histoire du jeu. En effet, les souvenirs sont également le nom donné à des artéfacts sous forme de cartes (qui reprennent des planches du manga d’origine d’ailleurs pour souligner le clin d’œil) que vous devrez équiper à vos personnages. Il existe trois types de « souvenirs » : les argentés, les dorés et les platines et chaque souvenir possède ses propres boosts. Un gain de statistiques comme vos PV, votre Attaque, Magie ou encore votre Défense, des vitesses de récupération ou un renforcement d’une technique, etc. Il existe un nombre gargantuesque de planches mais autant le dire, une fois que vous avez trouvé une association qui vous convient pour chacun de vos personnages, il ne sera pas forcément nécessaire de revoir totalement votre « build » jusqu’à la fin du jeu … Je n’en ai en tout cas jamais ressenti la nécessité, en jouant au mode Normal du jeu. 

 

Carnet Voyage
Vos souvenirs sont récupérés et stockés ici

 

Infinity Strash : Dragon Quest, Les (Més)aventures de Daï 
Infinity Strash : Dragon Quest, Les (Més)aventures de Daï 

 

Vous posséderez un carnet avec, pour chaque chapitre du jeu, un certain nombre de souvenirs à récupérer (c’est purement optionnel, disons-le maintenant, c’est pour les collectionneurs). Il existe deux moyens de récupérer ces souvenirs : soit en avançant dans le jeu, en guise de récompenses des divers sous-chapitres d’histoire et de combat, soit en vous rendant dans le Sanctuaire du jeu. 

 

Sanctuaire Daï
Bienvenue dans le faux endgame

 

Le Sanctuaire a été pour moi un lieu des plus déstabilisants dans Infinity Strash. Déjà certaines choses me faisaient penser à un jeu mobile en dehors, dues à la présentation des combats dans les chapitres de l’histoire – une fenêtre pour vous indiquer qui va combattre, les récompenses que vous allez gagner à l’issue de la bataille, etc. Le Sanctuaire a renforcé cette impression du fait que tout ce qui est question de renforcement de vos personnages, se passera là-bas. 

 

En effet, contrairement aux RPG qu’on connaît si bien – ou n’importe quel jeu du même type – Infinity Strash est un Dragon Quest qui ne possède pas les traditionnels magasins et diverses armureries pour s’équiper. Pour renforcer vos talents, sorts et même vos précieux souvenirs, il faudra se rendre dans la rubrique prévue à cet effet, dans le Sanctuaire, après avoir récolté moults matériaux au cours de vos batailles. 

 

Concernant la récolte des souvenirs dans le Sanctuaire, ça par contre … C’est très aléatoire. Le principe du Sanctuaire vous poussera à aller d’étage en étage dans les profondeurs de ce dernier, vous débloquerez de nouvelles salles et étages au fur-et-à-mesure que vous avancerez dans le scénario principal. Vous allez devoir affronter des salles de monstres ou tomber dans des salles aux trésors selon vos propres choix. Vous pourrez acheter les souvenirs soit avec les matériaux que vous récolterez à l’intérieur, soit aléatoirement dans les coffres de récompense ou en tuant les boss … 

 

Salle Sanctuaire

Infinity Strash : Dragon Quest, Les (Més)aventures de Daï 
Infinity Strash : Dragon Quest, Les (Més)aventures de Daï 

 

Les boss du Sanctuaire, venons-y, sont identiques aux boss que vous allez affronter au cours de l’histoire du jeu. Quand je dis identiques, c’est réellement identiques, pas le moindre changement dans les mécaniques de combat par rapport au scénario ou votre précédente descente dans les profondeurs du Sanctuaire. Nous revoilà dans la redondance du jeu puisque vous allez devoir encore et encore visiter les lieux et affronter les mêmes créatures et boss sans le moindre changement, une réelle chorégraphie à apprendre par cœur et à exécuter dans les mêmes mouvements … Ce qui aurait dû alors être une sorte de endgame à Infinity Strash, ne devient qu’un produit de pur ennui, car plus vous allez avancer dans le jeu, plus il sera long d’arriver jusqu’au bout du Sanctuaire en prenant en compte les points cités jusque maintenant. 

 

Pour la dernière fois, à qui s’adresse le jeu côté gameplay et accessoires ? Et bien le problème qui se pose ici est le même que la partie des combats, mes arguments seront purement et simplement les mêmes et je rajouterai même que ce mode de jeu est ici l’apogée de l’ennui. Le Sanctuaire aurait dû être ce qui amène le dynamisme du jeu et qui aurait dû occuper le joueur dans des phases où il ne poursuit pas le scénario principal. Si bien qu’en réalité, on peut presque se passer de la récolte des souvenirs exclusifs au Sanctuaire pour se contenter de ceux fournis par le scénario, et uniquement les renforcer dans le menu adéquat. 

 

Conclusion du test 

 

Et nous arrivons dans la conclusion du test avec mon avis, purement subjectif. Le jeu possédait pourtant des qualités et des points à exploiter, je pense notamment à la bande-son que je trouve adéquate et très jolie – même si cette dernière reprend énormément de musiques tirées de l’anime mais on leur pardonnera, c’était même logique au final – il fut également plaisant d’entendre le doublage japonais puisque les voix sont celles de l’anime et personnellement, je me range dans les personnes qui en ont apprécié le doublage dans Infinity Strash. 

 

Son avantage le plus fort reste sa haute fidélité à l’histoire et l’œuvre d’origine, malheureusement masqué par un choix de narration lente et segmentée ainsi qu’une durée de vie du jeu très courte (comptez entre 10h et 15h de jeu juste en se contentant du contenu principal). Je vois beaucoup de tests qui qualifient Infinity Strash de « Soul-like simplifié » pour ce qui est du gameplay, à mes yeux, il s’agit surtout d’un jeu d’action bancal et très déséquilibré qui peinera à trouver son public entre néophytes et habitués du genre. 

 

D’ailleurs je conclurai sur le combat avec un problème que j’ai eu tout le long du jeu : le verrouillage des cibles. Le jeu nous apprend immédiatement que vous disposez d’une touche pour verrouiller votre cible, mais le fait est que si vous vous retrouvez sur un champ de bataille avec UN SEUL boss/monstre « élite » et une myriade de petits monstres, alors peu importe ce que vous ferez, le verrouillage ira sur le boss et non ailleurs. Une vraie plaie sur les phases où on souhaite d’abord se débarrasser du menu fretin avant de s’attaquer au véritable adversaire. 

 

De même, j’ai apprécié le système de souvenirs à équiper à nos personnages qui permet alors une diversité et une possibilité presqu’infinie de builds, mais le nombre gargantuesque de ces items pousse à force à la confusion et surtout à l’inutilité une fois qu’on a trouvé notre combinaison qui matche.  

 

Enfin je regretterai l’absence totale de phase d’exploration qui aurait pu être un poil plus exploitée sur les chapitres de combat plutôt que bêtement traverser un couloir en affrontant les hordes de monstres qui se présentent à nous. Donnant alors cette impression de bashing pur et simple.

 

Sur ces notes s’achève ce test d’Infinity Strash : Dragon Quest, The Adventure of Dai. Il va sans dire que les personnes qui ne connaissent pas le manga auront sans doute beaucoup de mal à suivre et comprendre l’histoire de par sa narration mais surtout l’absence de plus de la moitié du scénario de l’œuvre et les fans d’anciennement Fly y verront un hommage très bancal. De mon côté, la douche froide aura été réelle et je ne peux que conseiller à ceux qui souhaitent découvrir cette œuvre de d’abord jeter un coup d’œil au manga et/ou à l’anime s’ils veulent au moins comprendre l’hommage fait aux fans à travers le jeu. Du côté de Square Enix, ce jeu est un de plus sur la liste qui trahit un calendrier boiteux au niveau des sorties ces derniers mois – années – et peut-être une sortie finalement trop précipitée du jeu qui aurait mérité plus de peaufinage sur plusieurs aspects. À bientôt !