Dans un entretien accordé à DualShockers, le chef de projet Takashi Shiraga est revenu sur l’actualité de Mobius Final Fantasy et a évoqué son avenir. Ce dernier (qui a succédé à Naoki Hamaguchi, devenu ensuite co-réalisateur de Final Fantasy VII Remake) livre quelques anecdotes au sujet de cette curiosité vidéoludique dans le paysage à l’occasion de son troisième anniversaire en version globale (quatrième en ce qui concerne la version japonaise) et alors qu’il accueille un événement dédié à Final Fantasy VIII (qui vient tout juste de ressortir dans une version remasterisée). Le développeur revient d’abord sur la satisfaction d’avoir réussi à proposer un jeu gratuit (avec micro-transactions optionnelles) de haute qualité et d’avoir réussi à boucler le premier acte du jeu (Le Guerrier de la lumière) sans avoir eu à faire de compromis particuliers par rapport à leur vision.

Commentaire : La vision consistait à produire un équivalent mobile d’un Final Fantasy classique sur consoles traditionnelles tout en cultivant un aspect épisodique dans la narration. A bien des égards, Mobius est indubitablement une bonne surprise qui va dans le bon sens (un scénario de qualité avec une vraie fin, un système de jeu travaillé ou encore une bande-originale souvent délicieuse). Pourtant, la carcan mobile, son culte de la chronophagie et les limites d’un système abrutissant de répétitivité ont manifestement eu raison du joueur au profil classique en quête des fameuses sensations vantées. La longévité du projet questionne alors que tant de jeux se cassent les dents sur le créneau du mobile.

Satisfait de l’activité autour de son jeu, et notamment sur PC (après un portage facilité par le savoir-faire acquis lors du portage des FFXIII sur cette plateforme), il semble malgré cela que Mobius continue sa carrière sur mobiles et PC car l’idée d’étendre la base d’utilisateurs à la populaire Nintendo Switch ne ravit pas l’équipe en raison du besoin impératif d’être connecté à internet.

Commentaire : J’imagine qu’outre les incertitudes liées à un portage tel quel, tant d’aménagements seraient nécessaires pour en faire une expérience viable sur une console traditionnelle que l’opération serait trop risquée. Il est triste de se dire qu’une fois que le succès ne sera plus jugé à la hauteur, Mobius fermera ses portes en emportant dans sa tombe son histoire et ses personnages charismatiques sans laisser d’héritage. C’est autant la malédiction du format numérique (et évolutif) que des jeux pensés pour être picorés sur téléphones portables.

Quant à l’avenir d’un point de vue ludique, il sera marqué par une vision globale en évolution mais sans objectif définitif (ce qui est sûrement sage quand on sait la mortalité qui menace les jeux du genre), bien qu’on puisse compter sur de prochains événements collaboratifs qui sont de l’aveu du développeur la force d’attractivité principale du titre auprès de néophytes et même de joueurs actifs qui risqueraient de décrocher sans cette belle carotte.

Mobius Final Fantasy va donc poursuivre sa quête sur ses acquis en les faisant évoluer gentiment. La première étape fut marquée par le début de l’acte 2, Le Guerrier du désespoir, avec l’introduction de nouveaux personnages principaux et d’un système de combat approfondi : plus dynamique et plus stratégique. Gageons que la suite se fera en douceur, mais que la lenteur et la répétitivité ne feront pas pencher la balance vers l’oubli…
Quelles sont les forces de Mobius au-delà des qualités sus-citées et de la vitrine technologique qu’il incarne ? Un laboratoire d’idées assurément, mais alors que la Business Division 1 (assimilée maintenant à la plus grande entité Business Unit I) est affairée sur Final Fantasy VII Remake et que des produits mobiles comme Final Fantasy Brave Exvius remportent une adhésion bien plus franche que Mobius, difficile de ne pas être inquiet quant à l’avenir du jeu, surtout quand l’emphase est désormais absente des ambitions officielles.