La rétrocompatibilité au sommet (d'Eden)

Il était une fois lors de la décennie précédente…

Un jeu qui attisait toutes les envies en un temps la console nippone du moment, la PlayStation 3, était vouée à accueillir le, ou plutôt, les prochains Final Fantasy : Final Fantasy XIII et Final Fantasy Versus XIII. Les exclusivités sur telle ou telle plateforme relevaient alors entre autres de pratiques publicitaires visant à séduire une frange de joueurs friands d’un certain type de production sur un certain type de machine : soit les jeux d’aventure à la japonaise sur des consoles japonaises. Cependant les réalités liées au développement de jeux sur plusieurs plateformes sont aussi à prendre en compte, surtout pour les développeurs japonais qui ont eu tant de mal à mettre à jour leurs outils et méthodes de productions quand l’ère de la PlayStation 2 prit fin. Mais plus que les difficultés, c’est l’éventuel marché (notamment occidental) dont se priverait SQEX lors de la génération précédente avec la populaire concurrente de la PS3, la Xbox 360, qui fit sauter un interdit très fantasmé.

Tabou’la rasa

Final Fantasy XIII devait donc arriver sur la console américaine en même temps que sur PS3, nécessitant un temps de développement additionnel pour s’adapter au format DVD contre le généreux Blu-ray en ce qui concerne le stockage des données, et pour permettre au jeu de tourner convenablement sur l’autre machine. Il faut garder en tête que si la Xbox était une console agréable à gérer pour les développeurs, la complexité de l’architecture de la PS3 leur demandait au contraire des efforts particuliers pour tirer profit du potentiel de la fourbe machine. L’idée d’adapter la complexe philosophie japonaise sur la concurrente ne pouvait donc pas se faire sans quelques accrocs techniques remarqués à la sortie du jeu en 2010.

Tout à fait joli et jouable sur 360, la nature très cloisonnée du jeu aidant à le rendre plus fréquentable qu’un gourmand jeu en monde ouvert grouillant d’activité, furent remarqués une résolution de l’image moins élevée avec ce que cela entraîne de dégradation visuelle et plus spécifiquement encore la qualité amoindrie des séquences cinématiques précalculées dont regorge FFXIII. Ces lourds fichiers vidéo ont dû être compressés de façon à pouvoir tenir sur le format moins permissif qu’est le DVD.

DigitalFoundry- Final Fantasy XIII Xbox 360/PS3 Comparison

Annoncé par Shinji Hashimoto lors de l’événement X018 dédié à des présentations exclusives aux « machines de Microsoft », c’est le 13 novembre 2018 que Final Fantasy XIII et ses deux suites (Final Fantasy XIII-2 et Lightning Returns) ont rejoint le plutôt populaire programme de rétrocompatibilité Xbox One. Les possesseurs de versions physiques ou numériques desdits jeux peuvent alors profiter de la trilogie après le téléchargement de données additionnelles.

Et justement, parmi ces nouvelles données se trouvent un correctif rétablissant une certaine justice pour Final Fantasy XIII concernant cette fameuse qualité visuelle dégradée. Si le jeu tourne naturellement avec une résolution plus importante qu’à l’époque, c’est le remplacement des vidéos précalculées très compressées qui est à saluer ici. La collaboration entre SQEX et MS a permis de rétablir un précieux contenu pour une expérience qui mise énormément sur ses qualités cinématographiques. Un plus aussi alors que les téléviseurs progressent sans arrêt, et la gourmandise des joueurs en matière de technologie avec. Les vidéos originales parent donc à présent l’expérience FFXIII sur Xbox One. Et bien sûr, cerise sur le gâteau pour les possesseurs d’une One X, le modèle plus puissant, l’expérience de jeu est nettement rehaussée avec une résolution encore plus fine. C’est donc ironiquement sur une Xbox, 8 ans après, et en dépit d’une défiance tenace à l’égard du constructeur en ce qui concerne les jeux japonais (malgré des efforts soutenus comme The Last Remnant, Lost Odyssey, Infinite Undiscovery, Blue Dragon). On notera en outre que les deux suites des aventures de Lightning et Cie profitent de ces rehauts techniques, notamment en termes de performances, chose aussi attendue qu’appréciée.

La rétrocompatibilité au sommet (d'Eden)

Le mérite est certes plus symbolique qu’autre chose, mais un peu d’amour pour un tel jeu polémique à qui on offre une nouvelle jeunesse et un regard concentré sur une de ses qualités indéniables, voilà qui fera plaisir à ses défenseurs et incitera peut-être les déçus de Final Fantasy XV à reconsidérer les points sur lesquels XIII excelle, et en comparaison ce que XV apporte en réponse. Les deux épisodes sont fondamentalement opposés à tant d’égards, ce qui rend l’exercice de comparaison très difficile, mais aussi pertinent pour jauger du fait qu’il n’y a pas une seule vérité. Seuls les choix et la capacité des créatifs à les justifier comptent.

Pour l’anecdote, Final Fantasy Versus XIII devenu Final Fantasy XV avec le temps, finit lui aussi par arriver sur une console Xbox. L’ironie frappant de nouveau, c’est sur la console américaine qu’il profite du meilleur traitement « console » avec une version One X logiquement plus travaillée.

Les vidéos comparatives