Final Fantasy Dream
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Mythe d'Ultimecia 2


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FINAL FANTASY VIII : LES DESSOUS D'UNE HISTOIRE

Prémisses : Une considération comme appui logique :

Un scénario est une sorte d'axiome ; dans le cas où aucun rapport ne peut être établi à une quelconque donnée du monde réel non formalisée (au contraire des apparences humaines, de la psychologie des personnages, dont les dialogues fournissent un aperçu écrit), ou de la couleur du ciel par exemple (ces éléments conçus de notre réalité, dont on s'est inspiré pour les aspects visuel et moral, et qu'on a intégré au concept), il en résulte que tout élément intervenant dans le cadre du scénario ne peut être une existence isolée : il a forcément un rapport à d'autres éléments constituant le concept.
Pour pouvoir citer facilement cette loi que je viens d'énoncer, quoi qu'elle n'ait pas échappé au philologues -évoquée en d'autres termes-, je lui ai donné l'appellation générique de principe de cohérence réticulaire, en vertu du rapport purement métaphorique qui peut exister entre l'organisation d'un scénario, et l'agencement formel d'un filet, où chaque maille est constitutive du tout.


LE MYSTERE ULTIMECIA ET LA FRACTURE TEMPORELLE.

Deux éléments sont primordiaux pour comprendre l'histoire principale de Final Fantasy VIII : le pendentif Cronos (il y a aussi une bague), porté par Squall tout au long de l'aventure et apparaissant à l'écran titre ; aussi, la promesse que fait Squall à Linoa lors de leur entretien à l'orphelinat au cours du troisième disque.

Pendentif Cronos
You'll find me.
Cronos ou le lien mystérieux...
Une promesse longue durée

Déclarons-le d'emblée : Linoa et Ultimécia sont une seule et même personne.
C'est la révélation majeure qui aide à saisir la pertinence du choix qu'a fait Square de proposer Ultimécia comme ennemi final, choix qui reste mal compris tant que ce propos-ci, ou plutôt ce qui l'alimente, n'est pas entendu. Il est vrai qu'on ne rencontre vraiment Ultimécia qu'au moment du dernier affrontement, et vaguement au terme du disque 2 après le face à face avec Edea ;  ces courts instants n'allouent aucun background à priori à la prêtresse du futur, contrairement à l'épouse de Cid.
Quels peuvent être les arguments de cette identification d'Ultimécia à Linoa? Ils sont disséminés dans le jeu entier. Les premiers mots à lire dans la cinématique d'introduction correspondent à la promesse de Linoa à Squall, un monologue intérieur qu'elle se fait au milieu d'une prairie (cette même prairie apparaissant à la fin du jeu, suggérant le caractère cyclique de l'histoire, que je vais développer), qui fait d'ailleurs écho à la même promesse que lui fit son mercenaire préféré à l'orphelinat d'Edea :
"I'll be there. I promise" (Si tu me cherches, je te promets d'être là).
Il faut donc voir dans cette promesse un élément important du scénario, plus qu'un choix poétique pour la mise en scène d'introduction.
Lorsqu'on va reparler à Edea au début du troisième disque, après la confrontation obligée (qui en fit frémir plus d'un, preuve du charisme de la belle nécromancienne), elle s'exprime au propos d'Ultimécia, suggérant que sa condition de femme délaissée est cause de toute hostilité ; Edea elle-même déclare que la possession de pouvoirs magiques est une lourde responsabilité, et que le sorcier peut être tenté de les dévier de l'intérêt universel, auquel de tels potentiels sont pourtant dévolus par nature ; le seul vaccin qu'Edea reconnaisse contre cette corruption du sorcier est une personne, à qui il pourra entretenir une relation, malgré son destin de solitude assez inévitable. Edea explique que c'est l'amour de Cid, donc son "chevalier", qui lui valut de rester toujours sur le "droit" chemin, et que d'amour Ultimécia en a vraisemblablement été privée, à ce qu'on suppose.
Il faut, avant de continuer, que j'approfondisse mon point de vue par rapport au statut des sorcières et chevaliers. Dans des dialogues on parle de la mission du Seed : "Dans le Garden pousse le Seed, destiné à combattre la sorcière". Il apparaît que, malgré le nombre de sorcières et sorciers cités, l'on s'entête à parler toujours des représentants de ce statut au singulier, sans indiquer, si elle est possible et comme elle n'est jamais démentie, leur nombre existant dans la simultanéité. Les sorciers dans Final Fantasy VIII sont d'ascendance divine (notons également la synonymie admise dans le jeu, entre les termes "sorcier", "magicien", "nécromancien" et "prêtre", qui suggère vraisemblablement différents aspects de la fonction au monde des entités particulières telles qu'Edea). Ils descendent en effet de Hyne, créateur du monde et premier sorcier de l'Humanité, qui transmit ses pouvoirs à quelque élu, pouvoirs qui se transmirent encore, de génération en génération.
Dans de nombreuses religions, telles que celle des Incas par exemple, les descendants d'un dieu sont considérés de nature divine eux aussi (chez les Incas il s'agissait de l'empereur, ou Fils du Soleil). Je pense que c'est la raison pour laquelle on use du singulier pour citer les sorciers de l'Histoire, parce qu'ils sont en fait de nature divine : même dans le cas de religions polythéistes, comme celle des grecs anciens, les spécialistes s'accordent à ramener les différents dieux aux différentes facettes d'une même entité divine. Ne parlons même pas du monothéisme qu'est la religion chrétienne, où le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne font qu'un, comme nous le savons (On peut sans doute comparer, en observant les arguments qui vont suivre dans le texte, Jésus-Christ aux personnes occupant le statut de nécromancien, dans la mesure ou Jésus est Dieu sur Terre, ayant décidé de laver les péchés du monde en s'incarnant, donc en se soumettant au devenir et s'exposant à la mort en signifiant aux hommes l'importance de leur pécher par la même occasion. Notez ainsi, que contrairement à ce qu'on dit souvent, on n'a pas du attendre Nietzsche pour concevoir la mort de Dieu). Dans le jeu, on n'a affaire officiellement

Adel et Linoa fusionnées
Adel et Linoa fusionnées
(fin du disque 3)
qu'à un seul cas de coexistence dans le même espace-temps de deux magiciens (Edea avec les pouvoirs reçus durant son enfance et Adel, d'une part : la fin du troisième disque me semble indiquer que leurs pouvoirs respectifs ne devaient former qu'un à l'origine, vu qu'Adel et Linoa y fusionnent, puis que seule cette dernière survit, emportant logiquement en elle la somme des pouvoirs réunis vers son éventuelle métamorphose en Ultimécia- on peut en déduire, dans cette histoire cyclique, qu'Adel hérita ses pouvoirs de la prêtresse du futur, ce que j'expliquerai), avant qu'Ultimécia ne transmette ses propres pouvoirs à Edea puis à Linoa, forçant la coexistence à l'état de nécromancienne d'Edea (puis Linoa) et Adel, souverain(e) hermaphrodite d'Esthar. Ladite coexistence m'apparaît comme une transgression, conséquence de la haine d'Ultimécia. La sorcière d'une époque possède la divinité (dans le sens de qualité divine) y correspondant au niveau temporel, on assiste donc à une sorte de représentation de Dieu sur Terre, Hyne n'étant plus présent au monde, d'où le titre de "prêtresses" pour les sorcières, et, vraisemblablement, de "prêtres" pour leurs homologues masculins, s'il en fut. Je préciserai mon propos en soulignant que ce sont les pouvoirs des sorciers qui ont cette qualité divine, pas les sorciers eux mêmes. La divinité des pouvoirs est confirmée par l'impossibilité pour un sorcier de mourir sans les transmettre, car si son corps peut s'évanouir, ce n'est pas le cas de sa "magie".
Le statut de sorcier est donc privilégié et constitutif de la destinée, liée au devenir du monde, amené à le réguler sans s'inscrire dans le devenir, au même titre, sans doute, que celui de chevalier- ce dernier étant de nature à canaliser la puissance du sorcier de son époque, et épargner au monde des transgressions comme celle d'Ultimécia. Je n'ai aucun mal à imaginer qu'une personne humaine investie de pouvoirs cosmiques, à grandes responsabilités, nécessite un rapport à l'Autre tel qu'une relation amoureuse, pour rester capable d'empathie avec les autres êtres dont la place dans l'ordre du monde est moins significative. Sans un amour pour un être tiers, qui peut alors incarner l'humanité du sorcier et la lui manifester, ce dernier peut manquer de concevoir qu'il ne fait pas un avec ses pouvoirs ; il peut se reléguer lui-même au statut d'intermédiaire physique entre la providence divine et le monde sensible. En clair, le sorcier peut devenir inhumain en oubliant sa part d'humanité.
Edea ayant Cid fut bienveillante jusqu'à sa possession par la prêtresse du futur, Adel (son hermaphrodisme semble le souligner) était seul(e) avec elle/lui-même, donc tyrannique, et Ultimécia devait avoir Squall (pour ne pas sombrer dans le désespoir), qu'elle a eu d'une certaine manière que nous conte la fin, précisons : la mort physique d'Ultimécia correspond à sa naissance psychologique (encore une fois, suggestion de l'immortalité de l'âme, incarnée, dans le cas d'une sorcière, dans ses pouvoirs,
Squall perdu
Squall perdu
et d'un cycle éternel, propre au divin, ce qui ne fait qu'un avec le monde et n'a pas de devenir) puisque c'est au moment où Ultimécia disparaît que Squall est séparé de Linoa : il est le seul du groupe à ne pouvoir retourner chez lui directement (et peut-être sa perte est-elle l'oeuvre dernière d'Ultimécia qui s'assure ainsi d'apparaître), et erre sans fin dans une faille spatio-temporelle. Je pense que c'est à la mort de Squall qu'on assiste dans la cinématique de fin, quand il tombe à genoux sur un fond blanc (le blanc pouvant être interprété comme couleur de la mort- ainsi que de la pureté, ce que j'expliquerai plus loin), et qu'une plume blanche choît au sol.
Ce faisant, je pense que le choix des scénaristes aura été d'imaginer l'apparition d'une fracture temporelle, la naissance de deux éventualités, avec dans l'une*, Squall mourant seul et condamnant Linoa à l'attendre pour le reste de ses jours, enclenchant un compte à rebours du désespoir dans le coeur de la belle, qui aboutira à l'avènement d'Ultimécia, en d'autres mots, Linoa désabusée ; et dans l'autre éventualité, Linoa retrouvant son bien-aimé inanimé, le ramenant à la conscience et les rendant à même de couler des jours heureux ensemble (ce que raconte la fin).

Une remarque importante, pour compléter mon propos au sujet d'Adel, et l'origine de ses pouvoirs: l'avènement de ces deux éventualités a pu provoquer une fragmentation des pouvoirs d'Ultimécia à sa mort, une part allant à Adel, l'autre à Edea, Ultimécia se trouvant en effet au centre de la compression temporelle ; on ne peut prétendre mesurer ce que cet événement a incombé, mais on sait par contre ce qu'interdit le principe de cohérence réticulaire : en se basant sur celui-ci, on sait qu'il est improbable que tout en faisant partie du cycle de la vie d'Ultimécia- ce que l'on constate en cours de jeu, Adel ait hérité ses pouvoirs d'un mage X, non cité.
C'est avec la première éventualité* que les mots d'Ultimécia durant la dernière phase du combat final prennent tout leur sens : "Le temps n'attends pas, quoi que tu fasses, quel que soit ton désir, le temps s'écoule comme du sable".

Bahamut
Acarnan
Bahamut (G-Force)
 
Acarnan (boss)
 
Monarch
Minotaure
Monarch (passé)
Minotaure (futur)

Ultimécia donne d'autres indices, pour qu'on la devine : comme ce boss Acarnan, clone de Bahamut, qui peut être interprété comme un souvenir qu'avait Ultimécia de cette G-Force, ou encore Minotaure comme celui de Monarch (toute quête annexe offerte par le jeu étant potentiellement le vécu de Linoa/Ultimécia, même si la pertinence de tout cela est soumise à l'assiduité du joueur).  Egalement, lorsque Edea  est contrôlée par Ultimécia et utilise Ice Strike sur Squall, elle rate  les organes vitaux du thorax : cela ressemble clairement à un acte manqué, de l'amoureuse Linoa accusant une réminiscence de son amour pour le jeune Seed.

ICE STRIKE : Une attaque puissante, qui "échoue" de peu

Ensuite, comme je l'ai dit d'emblée, le pendentif et la bague Cronos sont très importants, dont Ultimécia aura tiré l'inspiration pour créer sa G-Force éponyme (encore une fois, caractéristique divine, l'aptitude à créer la vie). Pourquoi aurait-on donné la possibilité au joueur de renommer Cronos (au moment de pénétrer le Galbadia Garden, disque 2), si ce n'était pour souligner la connexion étroite entre cette confidence sur la bague, que fait Squall à Linoa/Ultimecia, et la G-Force qui seconde le boss final ? Il faut voir dans la possibilité donnée de rebaptiser Cronos un réel indice, à l'utilité rétroactive. Cronos est donc le lien entre Squall et la Linoa du futur, donc Ultimecia ; ce lien est symbolisé par le pendentif que Squall possède, et la bague Cronos qu'il offrit à Linoa dans le "présent".

Tunique de Linoa
La tunique de Linoa
Encore un indice qu'on nous cède : les ailes d'Ultimécia. Elles rappèlent celles que déploie Linoa lors de l'utilisation de sa fonction "Canonisation", qui sont par ailleurs imprimées dans le dos de son vêtement, entre les omoplates. La différence entre ces deux paires d'ailes réside dans leur couleur, Linoa ayant des ailes blanches comme celles d'une colombe (un peu de poésie n'a jamais fait de mal), et Ultimécia de sinistres ailes noires. C'est à ce niveau qu'il faut interpréter le blanc comme couleur de la pureté, de l'innocence, ce que connaissait relativement Linoa avant le grand drame de sa vie, la perte de Squall (qu'elle n'aura pu connaître que comme une disparition).
Le symbole de la plume blanche
La plume blanche comme symbole
Au moment de la mort de ce dernier donc, que je situais plus haut, une plume blanche esseulée tombe au sol : j'y vois la métaphore d'une mort psychologique pour Linoa, dans ce qu'elle était de pureté (et aussi, mais de façon humoristique entre nous, une illustration de l'expression perdre des plumes) et le signe de l'isolement dans lequel elle va tomber, puisqu'on voit bien dans l'introduction du jeu que ces mêmes plumes blanches proviennent de Linoa sur la prairie. Le vent agité qui l'entourait en chassant les plumes, retombe dans le silence au décès de son bien-aimé. L'Ultimécia "corbeau" est donc la colombe Linoa brisée.

La colombe Linoa brisée
L'Ultimécia corbeau

Le vrai but d'Ultimécia n'est jamais clair, et ne nous apparaît qu'au travers de suppositions d'Edea. Qu'elle ait souhaité recourir à la compression temporelle pour recueillir les pouvoirs des nécromanciens de toutes les époques en elle ne me semble pas cohérent, par rapport à la qualité transgénérationelle du pouvoir. Car il s'agit bien d'un seul pouvoir, celui qu'Hyne a conféré, le pouvoir suprême qui passe d'une génération à l'autre, à une personne chaque fois, comme je l'ai explicité. Ultimécia le possède déjà, il est arrivé jusqu'à elle !
Les faisceaux d'indices suggèrent plutôt que ce qu'Ultimécia attend, c'est la fin de son attente. Elle espère Squall depuis si longtemps, que l'incertitude sur ce qu'il est advenu du pauvre garçon, et le manque causé par son absence n'ont fait que croître. Que passé, présent et futur ne fassent qu'un est une solution envisagée par la prêtresse pour mettre fin au temps qui passe dans l'expectative, car si ses pouvoirs divins échappent au devenir, ce n'est pas le cas de la femme, qui ressent le poids des années.
Si l'on se fait une idée du schéma d'ensemble qui se dessine, on se rend compte que toute l'histoire entre dans une bulle, un cycle : Ultimécia meurt en assurant son apparition en tant que personne malfaisante, qui par cause de ses méfaits sera abattue. Tout le reste vient entre ces deux moments : mort physique et naissance psychologique (moments identiques au niveau temporel puisqu'à sa mort le temps ne passe plus, je trouve ça incroyable en l'écrivant !). Cette donnée renforce encore l'empathie qu'on peut ressentir d'avec Ultimécia, prisonnière d'une spirale sans fin (pour la blague, les sociologues l'appelleraient "cercle vicieux de la misère") dans laquelle il n'est rien d'autre à faire que patienter dans son château (sympa, dans le genre néo-gothique flippant teinté de gaudisme) après le meurtre de tous les Seed du monde.
La seule part de scénario qui quitte la bulle, c'est la fin bienheureuse, l'éventualité seconde.

Happy End
La citadelle : pas une colonie de vacances
Un happy End ?


UNE PREUVE QUI VIENT TOUT CASSER ?

Une preuve prétendument définitive a été avancée, pour briser cette théorie d'identification de Linoa à Ultimécia. Bien maigre, elle reposerait sur une phrase d'Edea au début du disque 3. "Ultimécia est une sorcière du futur, elle apparaîtra dans de nombreuses générations". La preuve correspondrait à l'interprétation de cette phrase de manière à nier la possibilité qu'Ultimécia soit déjà née à l'époque du scénario, et de ce point de vue, ce ne pourrait être Linoa.
J'estime l'avoir annulée par le raisonnement suivant : si l'on ne dit à aucun moment qu'Edea a le moindre don de voyance, ce qui n'est cependant pas impossible vu qu'elle connaît le nom de son manipulateur, il n'est fait aucune allusion à une vision claire qu'Edea aurait eu de l'avenir. Elle ne peut prétendre savoir exactement le nombre de décennies écoulées entre la naissance de Linoa, et la provenance temporelle de visions éventuelles.
Ce qui rend déjà la "preuve" peu solide.
Mais surtout, comme on peut légitimement supposer que les caractéristiques biologiques des êtres humains dans le jeu sont calquées sur les nôtres, et comme nous sommes programmés pour vivre 120 ans (6 générations),  il n'est pas impossible que Linoa soit devenue Ultimécia, car plusieurs générations peuvent largement être englobées par sa seule durée de vie. Quant à interpréter la portée de l'adjectif "nombreuses" utilisé par Edea, qui serait fou pour s'y risquer ?
En plus, mais cet énième argument est gratuit, l'excellente forme physique d'Edea et Ultimécia (cette dernière aux cheveux grisonnants évoquant un âge avancé) suggère que leurs pouvoirs leur confèrent une extraodinaire longévité.
A propos de cette "transformation" de Linoa, notons bien qu'elle est d'ordre psychologique, ce qui techniquement prend du temps, ne s'opère pas comme une métamorphose subite. Il s'agit bien d'une résultante du désespoir de la jeune fille.

La "preuve" était secondée par un argument de valeur, indiquant qu'Ultimécia n'a jamais manqué de mettre en danger la vie de Linoa, qui si elle se révèle confondue avec la première, la détruirait à l'occasion de sa disparition.
On peut répondre que Ultimecia est habilitée à comprendre les mécanismes du temps, donc elle a pu croire en l'inébranlabilité de son cours, sans crainte de se nuire. Soit, son comportement violent, assimilable à une psychose, l'a rendue inconsciente d'un éventuel danger.


CONCLUSION

Finalement, j'ose croire que les éléments apportés par cet essai confèrent à Ultimécia toute sa légitimité en tant qu'adversaire terminal, poste à haute responsabilité dans la série FF, surtout depuis Sephiroth. Elle fait partie intégrante du jeu, malgré les apparences qui tendaient à la reléguer au rôle de personnage brouillon à l'apparition tardive, boss improvisé presque en catastrophe, comme si les échéances données aux programmeurs pour la sortie du jeu avaient été raccourcies inopinément. Ce scénario de Final Fantasy VIII se révèle peut-être bien le plus complexe et subtil qu'on ait vu dans un FF, et vaut à cet égard celui du septième opus selon moi, même si les deux scénarios ne se valent pas en termes d'accessibilité.

par Marcus Colman


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