La fin


Dossiers, idées et recherches appartenant à messieurs Grouard Georges, Damien Mecheri - membres de la rédaction de Background, société Phoenix Publishing. Publiés sur le site FFDream.com avec autorisation de leurs auteurs respectifs.


Bien, maintenant, on peut faire un détour par la présence de Darkness en tant que dernier boss, chose qui n'a pas été acceptée et comprise par tout le monde. Il est évident que le thème principal du jeu est la mort. On le retrouve principalement à travers les spéculations et les réflexions du petit Bibi qui, à de nombreuses reprises, verra ses congénères mourir (on retiendra en particulier la scène où le troisième valseur fait un carnage sur l'airship). Il ne cesse de se demander ce qu'est la mort, ce qu'elle produit, ce qu'elle fait ressentir. On en arrive alors à l'inéluctabilité de ce que la mort implique : la peur. Kuja la ressentira durant toute la fin du jeu et c'est lui qui, en quelque sorte, réveillera Darkness. Après avoir balancé Ultima sur toute l'équipe de héros et dans l'unique but de les faire mourir avec lui, Kuja tombera dans les racines de l'Ifa, laissant les héros au bord de la mort. Ces derniers se confrontent alors à leur propre peur, et ainsi apparaît Darkness, stimulé aussi par la défaite de Kuja face à son propre ego.

Grâce à cet humble article, vous allez comprendre pourquoi Darkness (Nécron en version américaine) est totalement indispensable à la chute finale de FFIX
Pour les besoins de Final Fantasy IX, Square a fait appel à une équipe française... notamment pour les scènes vidéos...

Le dernier boss déballe alors un discours d’un tact et d’une finesse exemplaire. Mais Djidane et sa bande ne peuvent perdre maintenant, pas après tout ce qu'ils ont vécu. L'Ultima de Kuja ne les a pas achevés, ils doivent maintenant vaincre leur pire ennemi, la mort elle-même. Le combat qui s'ensuit se détermine nettement plus par le symbolisme qu'il impose que par le fait d'affronter un adversaire "réel". Les héros n'ont plus rien a perdre et se doivent de vaincre leur peur la plus primaire : celle de la mort. Une symbolisation évidente du combat éternel et quotidien contre la peur de la mort qui nous envahit tous. Contrairement à ce que certains ont cru bon d’affirmer, la présence de Darkness en tant que dernier boss est INDISPENSABLE à l'enjeu de la narration qui, après avoir abordé de nombreux thèmes philosophiques, se devait de s'achever par une victoire symbolique sur la peur de la mort. Darkness conclut sa défaite avec ambiguïté, en précisant clairement qu'il sera toujours présent tant que la vie existera dans le monde. Mais cela n'empêche guère le triomphe des héros face à la mort elle-même. Maintenant, ils n'ont plus peur, ils abordent la vie avec aisance et bonheur, et le trépas ne constitue plus une fatalité (comme Kuja semblait le croire) mais une continuité. On retrouve ainsi un Bibi heureux d'avoir vécu tant d'aventures avec ses amis, d'avoir découvert le sens de la vie et de l'amitié (en résulte le très beau discours final juste avant la dernière pièce de théâtre). II meurt heureux, sans souci vis-à-vis de la mort. Il en est de même pour Kuja (voir paragraphe plus haut) et tous les autres héros. En effet, Garland avait bien précisé que la fusion entre Hera et Terra était inévitable et elle se produit réellement à la fin du jeu (on voit les deux planètes fusionner puis exploser avant l'apparition du logo), entraînant ainsi la destruction de toutes les espèces vivantes des deux monde, mais provoquant aussi l'arrivée d'une nouvelle forme de vie (symbolisée par le Crystal juste après la fusion). Mais comme nous l'avons dit plus haut, la mort n'est plus une fatalité pour les héros, ils ont compris le vrai but de leur existence, la vie est une continuité de bons et de mauvais moments.

La vie est une mélodie, une succession de souvenirs et d'instants qui forgent ce que l'on est et ce que l'on sera. Ainsi, ce n'est pas pour rien que le générique final est accompagné de Melodies of Life, avec à l'image, une succession de différentes cinématiques qui ponctuent le jeu. Ce n’est pas non plus par hasard que la dernière image que l’on peut apercevoir du jeu avant la fusion des deux planètes est la scène des retrouvailles. On peut d'ailleurs se référer à la traduction française des paroles de la chanson : " Même si chaque destin est éphémère aussi longtemps que tu vis, la vie continue éternellement tant que tu en as la force". Final Fantasy IX est une ode à la vie, au combat quotidien contre la peur et la mort, un éloge de la volonté d'exister et du sens réel de l'existence. Une réflexion mature (ce que certains ne semblent pas vouloir accepter à cause du côté féerique qui se dégage de l'aventure) sur des sujets qui nous touchent tous, un jeu à la portée, au-delà du temps et de l'espace.


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