Test de Final Fantasy : Type-0



A l’origine présenté comme Final Fantasy Agito XIII, un jeu s’inscrivant dans le mythe de la Fabula Nova Crystallis sur téléphone portable, le soft vit grandir l’ambition de ses développeurs. Ainsi, en 2011, le projet prit de l’ampleur et changea pour la peine de nom et de plateforme et s’écarta peu à peu du mythe établi par FFXIII, devenant alors le tant attendu Final Fantasy Type-0. Révolutionnant les codes de la saga, il fut un succès fulgurant lors de sa sortie au pays du soleil levant. Cependant, plus d’un an après sa sortie japonaise, aucune nouvelle quant à une localisation européenne ou américaine. A croire que son destin était déjà scellé à sa renaissance sur Playstation Portable, une console qui a eu du mal à trouver son public en Occident. Il convient donc de vous transmettre un aperçu de cette Fantaisie Finale si singulière mais pourtant si ancrée dans nos mielleux souvenirs.
Odin



Orience, un monde ravagé par la guerre

Comme toujours, chaque Final Fantasy propose un nouvel univers, un nouveau monde. Celui-ci ne déroge pas à cette règle primordiale. Le jeu prend place dans le monde d’Orience, divisé en quatre royaumes : le royaume féodal de Rubrum, l'empire de Milites, l'Alliance de Lorica et le royaume de Concordia. Ceux-ci signèrent un traité de paix, le Pax Codex afin d’éviter toute guerre destructrice. Néanmoins, le maréchal Cid Aulstyne prit le pouvoir de l’Empire de Milites et viola le traité. L’Empire déclara la guerre aux royaumes voisins et développa des armes capables de détruire le cristal que renferme chaque capitale. Le cristal de Suzaku ne tardât pas à se briser. Pour se protéger de l’armée de Milites, Suzaku envoya sa classe d’élite, la classe Zero au combat. Elle fut créée dans le but que l’un d’eux devienne l’agito et prévienne du Finis, un évènement déclenchant la fin du monde d’Orience. En outre, cela promet une belle histoire, avec de beaux rebondissements pour un final en apothéose jamais vu dans un Final Fantasy !
Ancré dans un univers de science-fiction belliqueux, l’histoire de Final Fantasy Type-0 tourne tout comme FFXIII autour du destin et de son cours inéluctable. Bien que s’éloignant du treizième opus, il garde tout de même une mythologie commune. Nous retrouvons donc l’cie et Fal’cie. Cependant, ceux-ci sont bien moins présents que dans FFXIII, peut-être un bien puisque cela permet de fluidifier le contenu scénaristique de termes complexes et propres à la saga qui pourraient embrouiller le joueur lambda.
Ce qui frappe dans Type-0, c’est bien de montrer un tableau de la guerre le plus réaliste possible. D’où l’omniprésence de la violence dans le jeu. Il prend à contre-courant les règles de bienséances des Final Fantasy et ce dès la scène d’introduction placée sous le signe de la violence et de la mort. Une réalité sanglante bien loin d’un FFVIII qui en devient presque pudique ! L’ambiance se veut plus dramatique et plus mature que par le passé. Ainsi, Type-0 montre le tournant drastique pris par la saga, le sang coule à flots durant les cinématiques, et les développeurs n’ont pas hésité à faire souffrir leurs personnages afin de rendre la mort plus atroce qu’elle n’est en temps de guerre.


Type-0 propose un univers plus mature qu'à l'accoutumée


Il faut également noter l’importance de deux personnages dans l’histoire, Rem et Machina. Tous deux faisant partie de la Classe Zero, ces deux guerriers vont vous émouvoir et vous envouter par leur amitié fusionnelle qui subira mille épreuves. Néanmoins, en contrepartie, les autres personnages jouables au compte de 12, sont plutôt mis en retrait. C’est regrettable car chacun possède un caractère propre. L’histoire gravite autour du duo et le jeu veut bien nous le faire comprendre. Seul Rem et Machina possèdent un thème musical, eux deux sortent des chantiers battus. Les autres n’ont aucun lien mais ils forment cependant la classe Zero. D’ailleurs, le joueur verra cette entité comme un groupe où se démarque peu de personnages si ce n’est Rem, Machina, Ace et Queen.

Le digne héritier de Crisis Core et Dissidia

S’orientant vers le l’Action-RPG, Final Fantasy Type-0 réussit son tour de force en nous proposant un gameplay dynamique et fluide, une réussite ! A l’instar de Dissidia, Crisis Core ou encore Lightning Returns (postérieur au jeu), le joueur contrôle le personnage grâce au stick et attaque avec les quatre boutons. Chaque bouton est prédisposé à une action : l’esquive, l’attaque spéciale, l’attaque normale et la magie. Bien sûr, chaque attaque pourra être changée par l’intermédiaire du menu. Mais ce qui rend le gameplay si grisant, c’est bien le fait d’évoluer et de combattre en temps réel à la manière de FFXII, hormis sur la carte du monde. De plus, le joueur peut également changer de personnage d’une façon totalement intuitive et très rapide, les flèches directionnelles en maintenant la gâchette gauche. D’ailleurs, le changement de personnage sera au centre du gameplay, puisque vous devrez impérativement l’utiliser afin de sortir victorieux des affrontements contre des ennemis puissants.
Par ailleurs, le jeu étonne par sa difficulté. Outre des moyens d’éliminer plus rapidement une horde d’ennemis en éliminant le leader, il faudra compter sur son habilité à esquiver les attaques souvent dévastatrices des boss. Chose dans les faits plutôt simple, mais difficile en pratique. En effet, nous constatons souvent des problèmes de caméras dus à la rapidité des combats. La replacer manuellement en utilisant les flèches directionnelles devient vite fastidieux. Heureusement, les développeurs ont pensé à un système de lock qui en appuyant deux fois sur la gâchette droite permet de diriger la caméra vers l’ennemi le plus proche. Néanmoins, le manque de deuxième stick se fait ressentir et lèse le joueur pour repositionner la caméra.



Le jeu permettant de contrôler la totalité de la classe Zéro, le gameplay en gagne en diversité. 14 personnages en tout, et aucun ne se ressemble. Il y en a pour tous les goûts ! Chevalier dragon, joueur de carte, archer, … En plus, on nous offre ici un très bon charac design, mention spéciale à Queen, Rem, Machina et Nine. Contrairement aux anciens opus, Type-0 intègre un mode multi-joueurs et un mode d’aide. Pour ce dernier, les personnages seront contrôlés par une IA plus élevée, cependant ce mode n’est pas vraiment jubilatoire et provoque plus la zizanie durant les combats ! Pour mieux s'intégrer dans le houleux projet que fut la Fabula Nova Cristallis, Type-0 se devait d’avoir un système d’évolution innovant. Nommé Alto Cristarium, il permet d’augmenter les caractéristiques des personnages et leur magie par l’intermédiaire de Phantoma préalablement récupérés sur les dépouilles des ennemis, un système bien différents des précédents mais qui reste intéressant. S’ajoute à cela la traditionnelle montée de niveau.

Un jeu jubilatoire novateur qui tire sa force de l’expérience passée de la saga mais qui révèle des faiblesses

Que serait un Final Fantasy sans ses invocations ? Si on devait citer un élément récurrent de la série, ce serait surement ces créatures titanesques comme Ifrit, Bahamut ou Odin. Paradoxalement, chaque épisode se différencie par l’usage de ces chimères. Tantôt prenant part à l’histoire, tantôt abordant un design plus audacieux pour guider nos héros, les invocations de Type-0 ne dérogent pas à la règle et propose une nouvelle façon de joueur ! Dans cet épisode, invoquer Bahamut, Odin, Golem ou d’autres a cependant un coût, votre vie. En effet, chaque chimère venant sur le champ de bataille, entrainera le trépas du personnage. Il s’avère donc que remédier à ces Espers devra être une décision réfléchie. Concernant les combats, ceux-ci fonctionnent comme pour un personnage normal si ce n’est que leur utilisation est limitée dans le temps !


La belle Shiva en action !


Prenant à contre-courant le virage effectué par FFXIII, Type-0 se veut plus près des origines fondatrices de la série, et cela fait du bien ! L’univers est empreint des figures incontournables des Final Fantasy. Nous retrouvons les escapades à Chocobo, les aeronefs, et la présence d’une carte du monde. Élément très réclamé par les joueurs, la map se présente comme dans les épisodes Playstation. Malheureusement, la magie ne prend pas et elle révèle ses faiblesses. La carte est gigantesque mais vide, et les graphismes semblent inadaptés à la PSP. De même, le soft garde les défauts inhérents à son ainé, Crisis Core. Le déplacement dans les « arènes de combat » repose sur tout un réseau de couloirs. Néanmoins, le jeu offre parfois de grandes zones ouvertes où les combats deviennent jouissifs !
Les développeurs ont eu la bonne idée d’agrémenter le jeu de mission de défense de territoire sur la carte. Ces missions particulières offrent un côté un peu plus stratégique à la manière d’un Fire Emblem. Le but est simple, défendre son territoire des ennemis. Il faudra impérativement choisir quelle ville attaquée pour pouvoir l’annexer sans pour autant perdre ses propres territoires. S’en suit une séquence de combat dans la ville qui permettra de la contrôler. Cela permet surtout de diversifier les phases de jeu entrecoupées de missions parfois linéaires.


Les phases de batailles sur la carte du monde sont plaisantes, dommage que l'aspect soit trop austère ...


Cet épisode marque aussi le retour tant attendu des musiques incontournables de la saga. On passe du surprenant remix du thème des chocobos, à l’inchangé Fanfare, … et au massacre du prélude. Peut-être que c’est une question de goût, mais plusieurs musiques sont mal placées et ne permettent d’apprécier à juste valeur le travail des compositeurs. Paradoxalement, l’OST nous offre une ode à la guerre avec ses mélodies enivrantes et épiques !



Enfin, Type-0 innove dans son genre, en proposant une aventure découpée en missions qui va à ravir au format portable. Il pousse également la PSP dans ses derniers retranchements, ce qui nous donne un des plus beau jeux sur PSP si ce n’est le plus beau. Néanmoins, tout cela a un coup. Les chargements sont omniprésents et gâche le plaisir du jeu. La petitesse des zones accentue ce défaut et malheureusement coupe le rythme soutenu du jeu. Il est par ailleurs, impossible d’installer des données sur le Memory Stick Duo.

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Véritable vent de fraîcheur pour cette saga cultissime, Final Fantasy Type-0 reste un Must-Have du genre. Proposant un scénario passionnant, et un gameplay grisant, Type-0 confirme la capacité de la série à se renouveler tout en gardant l’essence même des Final Fantasy. En faisant l’impasse sur les quelques défauts du soft, chaque fan devrait tenter l’expérience exceptionnelle que propose le jeu. A l’heure où l’avenir de Type-0 semble scellé, nous ne pouvons plus qu’espérer un miracle pour voir nos lubies exaucées comme un portage HD qui gommerait ses imperfections ou la continuation de cette nouvelle série vers de plus grandes ambitions.



Note : C’est la version japonaise qui a été utilisée pour effectuer ce test. Il en convient donc que certains éléments n’ont peu été approfondis ou cités à cause de la barrière de la langue.

Ecrit par Odin
mis à jour le 30/09/2013

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